L’accueil du Souffle qui vient de Dieu permet à Etienne de voir ce que les autres ne voient pas. Et que voit-il que les autres, ses accusateurs, ne voient pas?
Etienne, pendant son martyre, voit Jésus à la droite de DieuAc 7, 55-60
L’annonce de l’Evangile ne peut rester enfermée dans une culture spécifique: elle souhaite toucher l’ensemble des peuples et implique donc une rencontre de cultures différentes, en ce qu’elles ont à la fois d’original et de compatible avec la foi chrétienne.
Il est possible d’avoir des idées généreuses quant à la réorganisation de ses Etats et de l’Eglise locale tout en étant malheureusement éloigné de son peuple. Voici un bon enseignement de l’histoire pour les chefs d’Etat et les évêques de notre temps, à actualiser évidemment! Autres temps, autres mœurs… Il est heureux qu’il en soit ainsi.
Les premiers à reconnaître le Verbe venu en notre chair, les bergers puis des étrangers à la foi d’Israël, indiquent la dimension universelle de la Parole proposée.
Les nations païennes marchent vers la lumière de JérusalemIs 60, 1-6
Dieu unique a parlé par les prophètes. Dans l’extrait de ce dimanche (Jérémie 33, 14-16) il dit à son peuple de garder une espérance très concrète. Le levain du dessein bienveillant de Dieu travaille dans la pâte du monde.
Pour dire le Transcendant, nous avons besoin du discours des artistes, tout art confondu. Les œuvres du passé, certes.
Si Dieu parle aujourd’hui encore et toujours, n’en déplaise à quelques ignorants, la contribution des contemporains est indispensable. Ils déroutent parfois. N’est-ce pas la finalité de toute œuvre : toucher et bousculer?
.
Voici une extraordinaire oeuvre sacrée, trop peu connue malheureusement : le polyptyque de Gérard Bregnard en la chapelle du Lycée-Collège St Charles à Porrentruy/Jura suisse, près du territoire de Belfort. Phil
La plupart des peintres du XVIIIe siècle sont totalement à genoux devant les pouvoirs. Il y a peu de génie en eux.
Francisco Goya nous dit combien l’art est rare. Il vient dénoncer le mensonge. Il est un peintre du dévoilement de l’être et des situations profondes : un peintre de l’invisible.
Lorsqu’il peint la famille royale d’Espagne, celle de Carlos IV, c’est une dérision insupportable. Nous pouvons nous demander comment cette famille a pu réagir devant un tel portrait. La stupidité existerait-elle au point de ne pas se percevoir dans un tableau?
Les physionomies sont terribles: méchantes, stupides, timorées ou franchement intrigantes? La cour des Miracles…
C’est la reine qui, dominant les autres, occupe le centre lumineux du tableau - centre marqué par une diagonale au bout de laquelle le roi paraît placé en avant. Mais pauvre roi, en titre pourtant: le visage rougeaud, le regard hagard et la posture très flegmatique.
La reine
Le ministre Floridablanca: le seul qui ne montre aucune trace de vieillesse.
La peinture passablement criarde des costumes (sur l’oeuvre originale…) détourne quelque peu l’attention de l’idée d’un décor majestueux.
Et encore tant de choses à découvrir!
Voilà du grand art: celui du dévoilement. Bon regard! Phil
« Dans l’atroce et admirable tableau des Fusillades du trois mai, le groupe rythmé et discipliné des soldats du peloton d’exécution figure une rationalité démente. La régularité, l’ordre qui eussent dû marquer le triomphe des principes, viennent seulement régler l’exercice de la violence. Par l’obliquité que Goya confère à la scène, il cache le visage des hussards français. Ceux-ci n’apparaissent que de profil, à contre-jour de la sinistre lanterne posée à leurs pieds. Nous n’apercevons d’eux que l’équipement : fusils, chapeaux, buffles flétris, capotes, sabres. La lumière, en revanche, s’attache indissolublement au groupe des victimes, et plus particulièrement à l’homme du peuple, que va abattre la salve imminente. Goya a su donner à son visage sans beauté une expression simple, qui est à la fois au-delà du courage et de l’épouvante, les bras étendus dans l’attitude de la crucifixion, les paumes ouvertes. Cet émeutier aux traits grossiers prend soudain la dimension archétypale de l’homme insulté et humilié par l’homme. »
Jean Starobinski, 1789 - Les Emblèmes de la Raison, dernier chapitre, Flammarion 1973
La Bible est certes un livre à lire, à étudier, à expliquer, à commenter, à méditer. Tout cela n’a finalement qu’un sens : elle permet à Dieu de nous parler.Nous pouvons en faire un objet culturel. Le succès médiatique de la Bible sera toujours ambigu.
La lecture croyante de la Bible est une lecture priante. Ce n’est pas un livre à lire, c’est un livre à écouter. C’est la pédagogie de lalectio divina, qui est en honneur dans les monastères et chez les fidèles. C’est aussi le secret de la prière contemplative chrétienne.
Une réflexion sur la lecture de la Bible dans la liturgie conduit aux mêmes convictions. L’Ecriture joue pleinement son rôle dans l’Eglise lorsqu’elle est prononcée, proclamée. A ce moment-là, la Parole de Dieu reprend son caractère oral, sa force de communication et sa vivacité.
Serviteurs de la Parole
De là l’importance du lecteur. Il ne s’agit pas seulement de lire un texte le mieux possible. Certes il ne faut pas négliger l’aspect technique de la lecture. L’enjeu est de faire résonner la Parole dans les coeurs. C’est un ministère qui appelle un charisme. Le Lecteur doit demander la grâce d’être un instrument de l’Esprit-Saint, afin que ce qu’il lit soit suffisamment vivant en lui, pour que ce soit également vivant dans ceux qui écoutent.
La même exigence et la même grâce se retrouvent dans le ministère de la prédication et dans l’évangélisation. Cette annonce n’est juste et féconde que si elle est nourrie de l’Écriture Sainte. Phil