Archive for the 'Philosophie' Category

sept 05 2010

XXIIIe dimanche ° Découvrir les intentions de Dieu?

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Dieu est le Tout-Autre.

Lorsque nous parlons de lui, nous pourrions dire que nous avons tout faux.

Et pourtant, comme l’écrit Karl Barth et d’autres théologiens parmi les Pères de l’Eglise déjà:

Dieu s’est fait Tout-Proche.

 

C’est Dieu qui donne la vraie sagesse   Sg 9, 13-18

 

Abbé Philippe CHEVRE

Samedi 4 septembre 2010 / 11mn

Basilique de la Trinité, Berne / CH

 

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Juan Vásquez, Sitivit anima mea, Ensemble Voce Umana, dir. Kurt Meier

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Stephen Hawking, Une brève histoire du temps

A propos de Stephen Hawking, Le grand dessein


 
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juil 19 2010

René Descartes ° La conception de l’homme. Discours de la méthode, cinquième partie

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La personne humaine serait-elle comme

« un esprit mystérieusement niché dans une machine » ? (G. Ryle)

 

Philippe Chèvre, Contribution à l’étude de la personne chez René Descartes

     Discours de la méthode, cinquième partie

 

  René Descartes, discours de la méthode (1637), texte

 

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juil 11 2010

Boèce de Dacie ° La théorie de la « double-vérité »

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Boèce de Dacie enseignant, 1385

Manuscrit de La Consolation de la philosophie

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Le traité De Aeternitate Mundi de Boèce de Dacie est d’une grande importance pour l’étude de l’averroïsme latin.

Il permet de découvrir la philosophie d’un personnage dirigeant du mouvement au XIIIe siècle.

De plus, le traité contient un exposé cohérent de la théorie de la double-vérité,

à savoir que la vérité théologique est la vérité philosophique sont souvent opposées, mais valables à la fois sans se contredire.

 

Philippe Chèvre, Boèce de Dacie

     La théorie de la « double-vérité »

 

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août 28 2007

Saint Augustin ° Seul le présent existe

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Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais; mais que je veuille l’expliquer à la demande, je ne le sais pas ! Et pourtant - je le dis en toute confiance - je sais que si rien ne se passait, il n’y aurait pas de temps passé, et si rien n’advenait, il n’y aurait pas d’avenir, et si rien n’existait, il n’y aurait pas de temps présent.

Mais ces deux temps, passé et avenir, quel est leur mode d’être alors que le passé n’est plus et que l’avenir n’est pas encore ? Quant au présent, s’il était toujours présent sans passer au passé, il ne serait plus le temps mais l’éternité. Si donc le présent, pour être du temps, ne devient tel qu’en passant au passé, quel mode d’être lui reconnaître, puisque sa raison d’être est de cesser d’être, si bien que nous pouvons dire que le temps a l’être seulement parce qu’il tend au néant. […]

Enfin, si l’avenir et le passé sont, je veux savoir où ils sont. Si je ne le puis, je sais du moins que, où qu’ils soient, ils n’y sont pas en tant que choses futures ou passées, mais sont choses présentes. Car s’ils y sont, futur il n’y est pas encore, passé il n’y est plus. Où donc qu’ils soient, quels qu’ils soient, ils n’y sont que présents. Quand nous racontons véridiquement le passé, ce qui sort de la mémoire, ce n’est pas la réalité même, la réalité passée, mais des mots, conçus d’après ces images qu’elle a fixées comme des traces dans notre esprit en passant par les sens. Mon enfance par exemple, qui n’est plus, est dans un passé qui n’est plus, mais quand je me la rappelle et la raconte, c’est son image que je vois dans le présent, image présente en ma mémoire.

En va-t-il de même quand on prédit l’avenir ? Les choses qui ne sont pas encore sont-elles pressenties grâce à des images présentes ? Je confesse, mon Dieu, que je ne le sais pas. Mais je sais bien en tout cas que d’ordinaire nous préméditons nos actions futures et que cette préméditation est présente, alors que l’action préméditée n’est pas encore puisqu’elle est à venir. Quand nous l’aurons entreprise, quand nous commencerons d’exécuter notre projet, alors l’action existera mais ne sera plus à venir, mais présente. […]

Il est dès lors évident et clair que ni l’avenir ni le passé ne sont et qu’il est impropre de dire : il y a trois temps, le passé, le présent, l’avenir, mais qu’il serait exact de dire : il y a trois temps, un présent au sujet du passé, un présent au sujet du présent, un présent au sujet de l’avenir. Il y a en effet dans l’âme ces trois instances, et je ne les vois pas ailleurs : un présent relatif au passé, la mémoire, un présent relatif au présent, la perception, un présent relatif à l’avenir, l’attente. Si l’on me permet ces expressions, ce sont bien trois temps que je vois et je conviens qu’il y en a trois.

Saint Augustin, Confessions, livre XI, § XIV, XVIII et XX

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août 20 2007

Marcel Jousse V ° Manger la Parole: la Cène du Seigneur

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Pendant des millénaires, un geste s’est esquissé. Il sera repris et transcendé par un paysan galiléen, Jésus. Le génie divin se rend proche des expériences du Peuple élu.
Alors que nous entrions dans le temps des gestes attendus – temps des apocalypses et des libérations annoncés par de faux prophètes – surgit un geste inattendu:

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Prenez, mangez, sachez

Ceci | ma chair.

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Prenez, buvez, sachez

Ceci | mon Sang.

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Toutes les fois que vous le referez

comme aide-mémoire de moi vous le referez.

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Ce n’est pas l’Eglise qui invente le dogme de la présence réelle, mais un enseignant-paysan, Jésus de Nazareth, a affirmé cette présence réelle, non comme un procédé de cannibale, qui nous choquerait avec raison, mais dans le mouvement de la pédagogie du monde palestinien.

Manger et boire,

c’est l’invitation à faire nôtre, sans demi-mesure, en connaissance de cause;

la Chair et le Sang - chimiquement toujours du pain et du vin -, c’est-à-dire toute la Personne du Verbe et tout son enseignement.

La Chair et le Sang: si ce n’était que la Chair, ce serait le signe de quelque chose de caduc, de mort. Si ce n’était que le Sang, ce serait le signe d’un principe. Je ne communie pas à des principes. Je reçois la Parole vivante, pour l’aujourd’hui de l’homme que je suis. Phil

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août 20 2007

Marcel Jousse IV ° Manger la Parole: la manne au désert

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Dans le désert du Sinaï, pendant quarante ans d’errance à la suite de la libération du joug égyptien, le Peuple a faim : faim physique et faim spirituelle d’une nation qui cherche son identité.

Dieu lui donne une nourriture, la manne*, mais aussi un enseignement, car l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute leçon du Tout-Puissant. (Dt 8, 3)

Prenez, mangez, sachez la bonté de Dieu qui donne la vie du monde présent et du monde à venir : la terre promise d’Israël. Phil

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* La manne céleste serait une sécrétion naturelle du tamaris. Ce produit ressemble à la graine de coriandre et a un goût très doux. Il est sécrété lorsque les cochenilles (coccus manniparus) piquent le tamaris. Au matin, cette nourriture tombe des arbres en grande quantité; il peut ainsi se former des tapis entiers de la substance comestible. C’est surtout dans le nord de la péninsule du Sinaï qu’elle est la plus abondante. La résine de tamaris est traditionnellement vendue par les bédouins. Elle trouve plusieurs utilisations et se conserve facilement. En enquêtant sur l’Exode biblique, les occidentaux firent ainsi connaissance avec ce qui a pu être la manne céleste des Hébreux.

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août 18 2007

Marcel Jousse III ° Manger la Parole: le péché d’origine

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Alors que Jésus affirmait : Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui, (Jn 6, 56) beaucoup de ses disciples dirent : Elle est dure cette parole ! Qui peut l’écouter ? (Jn 6, 60) Entrant dans sa passion, au cours du repas pascal, Jésus a concrétisé ce qu’il avait annoncé aux siens. Il en a fait le mémorial du sacrifice qu’il offrirait le lendemain sur la croix.

Lors de chaque célébration eucharistique, nous renouvelons le repas du Seigneur, comme il nous a demandé de le faire. Ceci est mon Corps… Ceci est mon Sang. (Mc 14, 22 et 24) Cette parole est rude pour nous aussi.

Marcel Jousse dans ses recherches sur l’Anthropologie du Geste nous donne de précieuses indications pour bien comprendre ce que signifie la Présence réelle du Christ sous les aspects du pain et du vin. Il étudie ce que signifie pour un Sémite le fait de manger en trois lieux théologiques : le péché d’origine, la manne donnée au désert, la Cène du Seigneur.
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Aujourd’hui nous considérerons le récit du péché d’origine où il s’agit de manger du fruit. Comprenons bien ce que cela signifie : faire sien, volontairement, en connaissance de cause, après l’avoir goûté, éprouvé, évalué – donc en toute liberté de choix – le fruit de la science du bien et du mal. Le péché, c’est devenir la norme de toute chose, à la place de Dieu.

Alors que le terreux a été modelé par le Créateur en état d’ébauche et qu’il lui est laissé le soin de se sculpter lui-même en vue d’un achèvement personnel, il refuse cette ébauche.

Il connaîtra alors le poids de sa limite, un peu comme un tas de glaise qui refuserait le travail du potier. Il ne deviendra pas une chose réussie. Tas de glaise il est, tas de glaise il restera.

Nous découvrons ici le lien logique et gestuel qu’il y a entre prendre, manger et savoir.

Appréhende, évalue, fais tien l’enseignement de Dieu pour ta réalisation dans une perspective de réussite. Ou bien, homme créé debout, accepte de devenir un gisant, retombant comme la glaise qui refuse l’esquisse du Maître. Phil

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août 17 2007

Marcel Jousse II ° Manger la Parole

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Augustin, fresque VIe s.

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Quand vous assistez au cours d’un de vos professeurs, votre bouche n’articule pas en même temps que sa bouche, vos mains n’esquissent pas en même temps de ses mains, votre corps ne modèle pas en même temps que son corps. Or, c’est précisément cette passivité qui fait votre faiblesse. Bon gré mal gré, la mémoire est essentiellement rejeu. Vous ne rejouez pas comme vous devriez rejouer dans une pédagogie normale.A chacune des propositions de l’instructeur qui , au fond, ne fait que répéter chacune des interactions du réel, le receveur, l’appreneur doit rejouer en écho de l’instructeur et en contre-écho du réel. Or, cela avait été pratiquement oublié.

 

C’est avec cette école active que nous avons vu former les douze paysans-artisans galiléens, répétiteurs de Iéshoua, qui sont allé évangéliser le monde. Comment avaient-ils acquis cette science qui nous déconcerte ? Par la répétition en écho.

Marcel Jousse, La manducation de la parole, p. 45 et 46

 

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août 17 2007

Marcel Jousse, sj (1886-1961) I ° Un génie méconnu

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Marcel Jousse est le créateur d’une science nouvelle, l’Anthropologie du Geste, qui étudie le rôle du geste et du rythme, dans les processus de la connaissance, de la mémoire et de l’expression humaine. Cette science vise à opérer une synthèse entre disciplines diverses: psychologie, linguistique, ethnologie, psychiatrie, sciences religieuses et exégétiques, pédagogie profane et sacrée.

Citations
Les lois de la vie sont simples, parce que vivantes. Le jeu qui en résulte est complexe, parce que vivant.

Nous ne pouvons pas nous échapper du mimisme humain,… et pour parler de Dieu, nous ne pouvons pas faire autre chose que des symboles, c’est-à-dire des choses concrètes qui essaient de mordre sur l’invisible.
C’est un fait que Rabbi Ieshoua [Jésus] n’a rien écrit. Donc il a cru que les mécanismes oraux de son milieu étaient capables, si j’ose dire, de porter tout le poids de la divinité. A découvrir….

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août 10 2007

Michel de Montaigne: un conservateur?

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En vacances sur l’île de Minorque- un endroit merveilleusement protégé – en compagnie d’un ami très cher:

Michel de Montaigne (1533-1592), les Essais et quelques autres écrits. C’est l’occasion de quelques découvertes…

Montaigne, homme de tradition, n’aime pas les innovations, les nouvelletés, lorsque les régimes en place assurent paix et justice. Cependant il fait souvent preuve d’une modernité surprenante.

° Le tyran n’est pas le fait des rois, mais des peuples qui acceptent le fait d’être esclaves. Peuples, réveillez-vous donc !

° L’administrations des enfants trouvés doit relever du contrôle de la municipalité. C’est une obligation, un devoir. (Délibération du 3 mars 1582. Montaigne est maire de Bordeaux) Cité, sois solidaire !

° Il écrit un cahier de doléances au pouvoir central, c’est-à-dire au roi, condamnant l’inégalité de traitement des personnes devant l’impôt. Il y a trop d’exemptions. (Délibération du 31 août 1583)

° En date du 31 juillet 1585, en pleine guerre civile, il s’oppose à l’emprisonnement des femmes et des enfants.

Un beau programme politique novateur. Phil

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août 02 2007

Paul Ricoeur VII et fin ° Pardonner: la culpabilité existentielle

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L’aspect vindicatif et méchant de l’accusation,

n’est-ce pas le plus grand obstacle au pardon?

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La bienveillance 5mn

 
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août 02 2007

Paul Ricoeur VI ° Pardonner: la culpabilité morale

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Nous oublions moins que nous croyons. Il y a une survivance du passé.

L’oubli n’est-il une façon de manipuler les traces?

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L’oubli de mise en réserve, inscription durable de l’inoubliable 11mn

 

 
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août 02 2007

Paul Ricoeur V ° Pardonner: la culpabilité politique

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Procès ° Nuremberg

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Le vaincu a droit à la considération, aussi coupable qu’on puisse le tenir. Il a droit à la parole, à un avocat, à cette cérémonie du language qu’est le procès.

Paul Ricoeur

 

Le respect du vaincu 6mn

 

 
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août 02 2007

Paul Ricoeur IV ° Pardonner: culpabilité et responsabilité

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Entre les victimes et les bourreaux,

y a-t-il place pour le pardon ? V. Jankélévitch

 

Les niveaux de culpabilité: La culpabilité criminelle 7mn

 

 
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août 02 2007

Paul Ricoeur III ° Le pardon en débat avec la dette

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Sophocle ° Antigone

L’accusation

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Est-ce que l’ultime explication du pardon n’est pas avec l’accusation?

Le pardon et la dette 7mn

 

 
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août 02 2007

Paul Ricoeur II ° Pardonner: l’acquittement

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L’humilié qui ne demanderait pas vengeance serait honteux. Aristote

Pardon et punition 6mn

 

 
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août 02 2007

Paul Ricoeur I ° Pardonner: l’oubli

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Pardonner: c’est oublier un tort, une offense. En même temps, c’est ne pas s’oublier…
Alors quel oubli ?

Paul Ricœur / 7mn

 

 
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août 01 2007

Paul Ricoeur ° Rembrandt: Autoportrait au chevalet

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Autoportrait au chevalet, Rembrandt, 1660, Louvre

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Lorsque les mots ne suffisent plus, l’art vient à notre secours.

Paul Ricoeur, 7mn  FCulture

 

 
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juil 30 2007

L’autorité naturelle

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L’autorité naturelle existe-t-elle vraiment ?

Dans certaines circonstances, le fait de donner un interdit ou d’imposer une marche à suivre ne vont-ils pas à l’encontre du respect ?

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L’autorité naturelle existe chez des personnes en qui nous sentons une profonde unité.

On dit d’une personne qu’elle a de l’autorité naturelle, si elle communique efficacement avec ses subordonnés au moment même où elle demande ou affirme quelque chose, sans avoir recours aux menaces, aux punitions et aux artifices. Il lui suffit de paraître et d’ordonner pour susciter une adhésion raisonnable et immédiate. La confiance s’établit d’entrée de jeu.

Ce n’est pas quelque chose d’inné. Il s’agit du résultat de toute une éducation. Des parents et des enseignants (un seul suffit !) ont montré par l’exemple à leurs enfants ce qu’apporte l’absence de duplicité, l’adhésion pleine à ce qu’ils font, le choix des voies exigeantes mais sûres en amitié et dans les activités professionnelles, sportives et culturelles.

L’unité de la personne signifie qu’elle s’aime. Si elle doit donner des ordres exigeants parfois, c’est qu’elle en a reçu le mandat, qu’elle a des compétences dans le domaine concerné et sait déléguer, qu’elle agit pour le bien de tous. L’amour provoque le respect et l’amitié. Il n’y a pas de place pour un esprit tatillon dans ce comportement-là.

La personne douée d’une autorité naturelle est sereine. Cela se voit. La personne autoritaire n’admet jamais la contradiction. Elle est tourmentée, envahie par la peur d’elle-même et donc des autres. Elle a besoin de démonstrations de puissance.

Agir avec une autorité naturelle : comme cela est bon ! Etre autoritaire : jamais.

Exister, c’est dire oui; c’est accepter; c’est adhérer. Cependant, si j’accepte toujours, si je ne refuse et ne me refuse jamais, je m’enlise. Exister personnellement c’est donc aussi savoir dire non, protester, s’arracher, tout remettre à tout moment en question parmi ses croyances, ses opinions, ses certitudes, ses formules, ses adhésions, ses habitudes, ses appartenances. Primauté de l’existant et exigence d’authenticité… (Emmanuel Mounier, Perspectives personnalistes)

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juil 21 2007

Joseph Bocheński VIII et fin ° Autorité: déléguer et vérifier

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Un responsable doit déléguer, particulièrement si le domaine de son action est grand ou s’il ne maîtrise pas tous les aspects des domaines complexes dans lesquels il doit agir.

Les choses se compliquent lorsque les conditions indispensables au fonctionnement de la délégation ne sont pas respectées:

° Décider: le déléguant, un chef d’entreprise par exemple, doit prendre la décision d’appeler quelqu’un à la délégation.

° Communiquer: cette décision doit être communiquée, ainsi que le domaine précis de cette délégation. C’est une nomination.

° Contrôler: le fonctionnement de cette délégation doit être vérifié avec régularité par le déléguant. Pour diverses raisons, la délégation peut devenir une forme d’abdication ou une gabegie par culture de la confusion.

 

Cf. J.M. Bocheński, Qu’est-ce que l’autorité ?, p. 96-104

Phil

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juil 21 2007

Joseph Bocheński VII ° Autorité: s’engager sur la seule confiance ?

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L’acceptation de l’autorité déontique, c’est-à-dire d’une injonction, d’un ordre, est toujours liée à la poursuite d’un but pratique.

Lorsque je refuse l’autorité déontique d’un porteur dans un domaine, c’est que je nie qu’il y ait un but qui ne peut être atteint que sous cette autorité, ou que l’exécution des ordres du porteur soit une condition nécessaire à la réalisation de ce but, ou les deux ensemble. L’acceptation de l’autorité déontique sans justification est à rejeter pour des raisons morales :

° l’ acceptation aveugle.
° l’ acceptation irraisonnée, c’est-à-dire celle où le sujet imagine un but où il croit nécessaire l’acceptation de l’autorité pour que ce but se réalise, mais cette acceptation demeure sans fondement.
Souvent le sujet admet que son obéissance est utile parce qu’il fait confiance au porteur. Un enfant, par exemple, reconnaît l’autorité (déontique) de sa mère parce qu’il croit que cela est bon pour lui.

Cette attitude est légitime lorsqu’il s’agit d’un enfant dans un milieu familial sain et équilibré, ou de petits groupes où l’on se connaît très bien. Mais le transfert de ce comportement sur de grands ensembles sociaux, en politique ou en religion par exemple, est extrêmement dangereux.

 

Cf. J.M. Bocheński, Qu’est-ce que l’autorité ?, p. 87-95

Phil

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juil 19 2007

Joseph Bocheński VI ° Les espèces d’autorité

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Les espèces d’autorité se différencient en fonction du domaine auquel je me réfère.
Le mathématicien exerce, par exemple, un certain type d’autorité parce qu’il s’occupe de sciences mathématiques.

Un officier exerce un autre type d’autorité, parce qu’il s’occupe d’opérations militaires.

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Le domaine d’autorité est une classe de propositions ou une classe d’injonctions.

A. Proposition

° Une proposition, une phrase, est toujours vraie ou fausse.
°
Elle peut avoir divers degrés de probabilité.

° Elle se rapporte toujours à un état de chose.

B. Injonction

° Une injonction - un ordre par exemple - n’est ni vraie ni fausse.

° Elle peut être valable, juste, morale, utile, mais jamais vraie ou fausse. Dans l’injonction « Ferme la porte ! », par exemple : demander si cette injonction est vraie ou fausse est un non-sens. Il se peut que cette injonction soit raisonnable ou déraisonnable, mais jamais vraie ou fausse.

° Je ne peux pas parler de la probabilité d’une injonction, mais demander si c’est utile ou inutile.

° Une injonction ne signifie jamais ce qui est, mais ce qui doit être.

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Toute autorité est soit épistémique soit déontique.

Elle concerne le savoir (épistèmè en grec) ou l’injonction (deomai en grec : je dois).

Ces autorités ne s’excluent pas. Un bon officier, un excellent médecin-chef a des connaissances dans le domaine où il doit diriger, même s’il n’a pas toutes les connaissances de ce domaine. Sans connaissance, les choses tourneraient vite très mal.

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Ces deux types d’autorité doivent être indépendants l’un de l’autre.

Un médecin peut avoir un meilleur diagnostic que son médecin-chef. L’autorité déontique de l’un n’enlève rien à l’autorité épistémique de l’autre.

Si les délégations d’autorité (on en reparlera sous peu) fonctionnent bien, il n’y a aucune raison que j’exerce, sans mandat, la direction médicale de tel hôpital si je n’en suis pas le médecin-chef, même si j’ai des compétences excellentes, voir supérieures, dans un domaine précis de la médecine.

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L’autorité déontique dans un domaine et l’autorité épistémique dans le domaine correspondant ne coïncident pas nécessairement.


Voilà une distinction qui nous permettrait d’éviter ou de dénouer rapidement bien des conflits d’autorité si nous en étions davantage conscients.

Cf. J.M. Bocheński, Qu’est-ce que l’autorité ?, p. 59-65

Phil

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juil 18 2007

Joseph Bocheński V ° L’abus d’autorité

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Mussolini ha sempre ragione: c’est le slogan fasciste, un mythe mensonger.

Nul homme n’est pour quelque autre homme une autorité dans tous les domaines.

L’abus du domaine de l’autorité est très fréquemment répandu.

Le porteur d’une autorité en abuse lorsqu’il cherche à l’exercer sur un sujet ou dans un domaine, pour lequel, ou dans lequel sa compétence n’est pas fondée.

Le risque d’abus d’autorité est très grand lorsqu’une institution fait appel à des bénévoles, sans s’assurer ou sans donner un niveau de compétence; lorsque des personnes, démocratiquement élues aussi, ont accès à des charges par goût du pouvoir, sans avoir le minimum de compétences requises.
Cf. J.M. Bocheński, Qu’est-ce que l’autorité ?, p. 49-58

Phil

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juil 17 2007

Joseph Bocheński IV ° Une autorité pour soi-même ?

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Personne n’est, dans aucun domaine, une autorité pour soi-même.

Il arrive trop souvent qu’une personne qui détient une certaine autorité dans un ou quelques domaines n’imagine pas que le sujet de cette autorité puisse devenir à son tour pour elle une autorité dans un autre domaine.

Je suis médecin, par exemple. Le patient que je reçois a un domaine au moins dans lequel il a autorité sur moi. Je ne suis pas omniscient, même si trop souvent, implicitement, je le crois…

Dans un domaine que je connais bien, mais jamais intégralement, j’ai aussi besoin de la collaboration d’autres porteurs d’autorité.
Cf. J.M. Bocheński, Qu’est-ce que l’autorité ?, p. 49-58

Phil

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juil 16 2007

Joseph Bocheński III ° Autorité: la démarche du logicien

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Compétence…

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Situer la démarche de J. M. Bocheński

L’auteur écrit dans la préface de son ouvrage Qu’est-ce que l’autorité ? :

° Il ne s’agit pas d’une monographie exhaustive sur l’autorité. Un tel ouvrage devrait contenir outre une logique, une psychologie, une sociologie et peut-être bien d’autres choses encore. Ce livre n’aborde son objet que du point de vue logique.

° En tant qu’il est une logique, cet ouvrage ne traite que des aspects fondamentaux de l’autorité, de ses traits les plus généraux.

° Celui qui cherche ici de profondes méditations métaphysiques ou existentielles sera donc déçu. (p.28)

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Charisme, disponibilité, persévérance, rectitude morale, honnêteté intellectuelle sont des éléments psychologiques importants dans l’exercice noble de l’autorité, principalement lorsqu’ils vont de pair avec la compétence, qui peut comprendre aussi des erreurs personnelles à corriger.

Le mot autorité est équivoque. Il y a l’autorité1, l’autorité relation, et l’autorité2, l’autorité-propriété.

Tel professeur a de l’autorité1 auprès des élèves parce qu’il a l’autorité2.

Un professeur peut avoir des compétences, et donc l’autorité2, sans nécessairement arriver à se faire comprendre et respecter dans la classe. Il lui manque l’autorité1.

Un professeur peut manquer de compétences, et donc manquer de l’autorité2, et se faire respecter (!) par l’autoritarisme (comportement qui n’admet pas la contradiction…[Petit Robert]) Vous en mesurez les odieuses dérives, dans l’éducation, en politique et même en Eglise. L’autoritarisme n’est pas l’autorité.

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juil 12 2007

Joseph Bocheński II ° Le fonctionnement de l’autorité

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L’autorité est toujours une relation à trois termes: le porteur, le sujet et le domaine. Par exemple: le professeur d’anglais, l’élève, la littérature anglaise.
J. M. Bocheński fait remarquer que sept éléments doivent être réunis pour qu’une autorité s’exerce.
° Dans toute communication, quatre moments se retrouvent nécessairement:

1. Le porteur veut communiquer quelque chose au sujet.

2. Le porteur communique effectivement avec assertion: c’est-à-dire qu’il est en mesure d’utiliser certains signes capables de porter ce qu’il veut communiquer.

3. Le sujet saisit les signes d’une manière purement matérielle: il entend des sons, voit des signes, etc.

4. Le sujet comprend les signes : il est capable de les déchiffrer.

° Dans l’autorité, nous avons en plus :
5. Le sujet comprend que ce qui lui est communiqué l’est avec compétence.

6. Il comprend que les signes viennent du porteur d’autorité.

7. Le sujet reconnaît, accepte ce qui lui est communiqué.

J.M. Bocheński, Qu’est-ce que l’autorité, Fribourg 1976, p. 40    Phil

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juil 12 2007

Joseph Bocheński I ° Autorité et obéissance …

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Joseph Bocheński (biographie en allemand), professeur de philosophie et de logique à l’Université de Fribourg (de 1945 à 1972), spécialiste mondialement reconnu du marxisme et du monde soviétique, a écrit un ouvrage remarquable, tout à fait accessible, plein d’humour aussi: Qu’est-ce que l’autorité ? Cet ouvrage (épuisé!) est depuis longtemps, après la Bible, mon livre de chevet. J’aimerais vous en parler dans les jours qui viennent.

En préambule

Que ce passe-t-il dans la tête de ceux qui critiquent systématiquement l’autorité en général, l’Eglise en particulier?

° Je pense que la critique systématique est souvent facile, lorsqu’elle engage peu. Les réactions seront quasiment nulles ou sans effet. Les mêmes personnes sont plus silencieuses devant des combats et des critiques plus risqués, en politique ou dans le monde du travail par exemple, le travail concret qui nous fait vivre.

° Je pense qu’il y a aussi un manque très grand de liberté. Nous ne craindrons aucunement l’autorité, si nous restons libres de nos choix et de leurs conséquences. L’autorité reconnue implique la compétence. L’obéissance acceptée exige un esprit critique et du courage. Il y aura peut-être des retombées difficiles. Il en va de la dignité de la personne.

A la fin de notre existence, que restera-t-il? Certainement pas les nombreux coups de gueule qui auraient pu caractériser un comportement léger ou une attitude psychologique fragile, mais ce que nous sommes devenus, notre croissance personnelle (augere en latin, d’où auctoritas, autorité), parce que nous avons mis notre oreille à l’écoute (audire), devant (ob, d’où obéir) des paroles qui ont du sens pour la vie humaine. Phil

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