Archive for the 'Théologie' Category

juil 25 2010

XVIIe dimanche ° L’homme interviendrait-il dans les projets de Dieu?

Published by Phil under Théologie


______________________________

 

Seigneur, si tu trouvais seulement cinquante justes dans cette ville (Sodome), tu ne la détruirais pas quand même? Sinon, que dirait-on de toi? Ce n’est pas moi qui vais t’apprendre la justice! Et si tu n’en trouvais que quarante-cinq, que quarante, que trente, que vingt, que dix?   Gn 18, 20-32

L’homme interviendrait-il dans les projets de Dieu ?

 

Abbé Philippe CHEVRE

Dimanche 25 juillet 2010 / 10mn

Basilique de la Trinité, Berne / CH

 

 
icon for podpress  Standard Podcast: Play Now | Play in Popup | Download

No responses yet

juil 18 2010

XVIe dimanche ° Abram, Abraham

Published by Phil under Théologie


___________________________________________

 

Dieu vient visiter un homme sans perspective. Il lui propose un horizon lumineux.

 

Abraham donne l’hospitalité à Dieu, qui lui promet un fils   Gn 18, 1-10a

 

Dimanche 18 juillet 2010 / 7mn

Abbé Philippe CHEVRE

Basilique de la Trinité, Berne / CH

 

 
icon for podpress  Standard Podcast: Play Now | Play in Popup | Download

No responses yet

sept 18 2007

Gérard Bregnard ° Un contemporain au service de la liturgie catholique

Published by Phil under Art + Histoire, Théologie



Polyptyque, Gérard Bregnard, 1988, Porrentruy / CH

 

Pour dire le Transcendant, nous avons besoin du discours des artistes, tout art confondu. Les œuvres du passé, certes.

Si Dieu parle aujourd’hui encore et toujours, n’en déplaise à quelques ignorants, la contribution des contemporains est indispensable. Ils déroutent parfois. N’est-ce pas la finalité de toute œuvre : toucher et bousculer?

.

 

Voici une extraordinaire oeuvre sacrée, trop peu connue malheureusement : le polyptyque de Gérard Bregnard en la chapelle du Lycée-Collège St Charles à Porrentruy/Jura suisse, près du territoire de Belfort. Phil

 

No responses yet

sept 06 2007

Les doutes de Mère Teresa

Published by Phil under Théologie

________________

Quelques journalistes pensaient écrire un scoop : Les doutes de Mère Teresa. On aurait pu croire qu’il fallait être choqué. L’Eglise l’aurait-elle béatifiée par erreur ?

Penser ainsi, c’est ignorer ce qu’est la sainteté. Il ne s’agit pas de perfection. Mère Teresa, comme les autres saints et bienheureux, avait ses défauts, jusque dans la gestion de certains problèmes de santé dans ses mouroirs et ses hôpitaux.

Le témoignage des saints, à travers les âges, les conditions sociales et les situations de vie les plus variés, nous est proposé non pour imiter des formes héroïques de perfection, chaque vie étant unique – la leur et donc la nôtre –, mais pour découvrir comment une vie humaine très fragile est en croissance lorsqu’elle prend appui sur le Transcendant. La force de Dieu, la grâce, est capable de nous amener à faire des choses inouïes.

Dieu seul est saint. Nous retirons des fruits d’une vie familière avec lui.

Quant à la connaissance de Dieu, devant tant de souffrances dans le monde, il est légitime de se poser quelques questions : qui est Dieu ? Que fait-il donc ? Où est-il donc ?

A travers les âges, les saints ont connu des moments terribles d’épreuve et de remise en question : Jean de la Croix, Thérèse d’Avila, Thérèse de Lisieux, et bien d’autres.

Et même lorsque, dans la prière, ils souhaitent rencontrer Dieu, ils ne peuvent que suspendre leur intelligence, leur cœur, toute leur personne remplie d’admiration ou de perplexité devant Celui qu’ils ne peuvent que pressentir. Nous le rencontrons proche dans la seule personne du Christ et du pauvre.

Vraiment l’Eglise, un peu trop pressée certainement, ne s’est pas trompée en béatifiant Mère Teresa. Phil

No responses yet

août 20 2007

Marcel Jousse V ° Manger la Parole: la Cène du Seigneur

Published by Phil under Théologie, Philosophie

________________ 

Pendant des millénaires, un geste s’est esquissé. Il sera repris et transcendé par un paysan galiléen, Jésus. Le génie divin se rend proche des expériences du Peuple élu.
Alors que nous entrions dans le temps des gestes attendus – temps des apocalypses et des libérations annoncés par de faux prophètes – surgit un geste inattendu:

________________ 

Prenez, mangez, sachez

Ceci | ma chair.

________________ 

Prenez, buvez, sachez

Ceci | mon Sang.

________________ 

Toutes les fois que vous le referez

comme aide-mémoire de moi vous le referez.

________________ 

Ce n’est pas l’Eglise qui invente le dogme de la présence réelle, mais un enseignant-paysan, Jésus de Nazareth, a affirmé cette présence réelle, non comme un procédé de cannibale, qui nous choquerait avec raison, mais dans le mouvement de la pédagogie du monde palestinien.

Manger et boire,

c’est l’invitation à faire nôtre, sans demi-mesure, en connaissance de cause;

la Chair et le Sang - chimiquement toujours du pain et du vin -, c’est-à-dire toute la Personne du Verbe et tout son enseignement.

La Chair et le Sang: si ce n’était que la Chair, ce serait le signe de quelque chose de caduc, de mort. Si ce n’était que le Sang, ce serait le signe d’un principe. Je ne communie pas à des principes. Je reçois la Parole vivante, pour l’aujourd’hui de l’homme que je suis. Phil

No responses yet

août 20 2007

Marcel Jousse IV ° Manger la Parole: la manne au désert

Published by Phil under Théologie, Philosophie

___________________

Dans le désert du Sinaï, pendant quarante ans d’errance à la suite de la libération du joug égyptien, le Peuple a faim : faim physique et faim spirituelle d’une nation qui cherche son identité.

Dieu lui donne une nourriture, la manne*, mais aussi un enseignement, car l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute leçon du Tout-Puissant. (Dt 8, 3)

Prenez, mangez, sachez la bonté de Dieu qui donne la vie du monde présent et du monde à venir : la terre promise d’Israël. Phil

___________________

* La manne céleste serait une sécrétion naturelle du tamaris. Ce produit ressemble à la graine de coriandre et a un goût très doux. Il est sécrété lorsque les cochenilles (coccus manniparus) piquent le tamaris. Au matin, cette nourriture tombe des arbres en grande quantité; il peut ainsi se former des tapis entiers de la substance comestible. C’est surtout dans le nord de la péninsule du Sinaï qu’elle est la plus abondante. La résine de tamaris est traditionnellement vendue par les bédouins. Elle trouve plusieurs utilisations et se conserve facilement. En enquêtant sur l’Exode biblique, les occidentaux firent ainsi connaissance avec ce qui a pu être la manne céleste des Hébreux.

No responses yet

août 18 2007

Marcel Jousse III ° Manger la Parole: le péché d’origine

Published by Phil under Théologie, Philosophie

________________

Alors que Jésus affirmait : Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui, (Jn 6, 56) beaucoup de ses disciples dirent : Elle est dure cette parole ! Qui peut l’écouter ? (Jn 6, 60) Entrant dans sa passion, au cours du repas pascal, Jésus a concrétisé ce qu’il avait annoncé aux siens. Il en a fait le mémorial du sacrifice qu’il offrirait le lendemain sur la croix.

Lors de chaque célébration eucharistique, nous renouvelons le repas du Seigneur, comme il nous a demandé de le faire. Ceci est mon Corps… Ceci est mon Sang. (Mc 14, 22 et 24) Cette parole est rude pour nous aussi.

Marcel Jousse dans ses recherches sur l’Anthropologie du Geste nous donne de précieuses indications pour bien comprendre ce que signifie la Présence réelle du Christ sous les aspects du pain et du vin. Il étudie ce que signifie pour un Sémite le fait de manger en trois lieux théologiques : le péché d’origine, la manne donnée au désert, la Cène du Seigneur.
________________

Aujourd’hui nous considérerons le récit du péché d’origine où il s’agit de manger du fruit. Comprenons bien ce que cela signifie : faire sien, volontairement, en connaissance de cause, après l’avoir goûté, éprouvé, évalué – donc en toute liberté de choix – le fruit de la science du bien et du mal. Le péché, c’est devenir la norme de toute chose, à la place de Dieu.

Alors que le terreux a été modelé par le Créateur en état d’ébauche et qu’il lui est laissé le soin de se sculpter lui-même en vue d’un achèvement personnel, il refuse cette ébauche.

Il connaîtra alors le poids de sa limite, un peu comme un tas de glaise qui refuserait le travail du potier. Il ne deviendra pas une chose réussie. Tas de glaise il est, tas de glaise il restera.

Nous découvrons ici le lien logique et gestuel qu’il y a entre prendre, manger et savoir.

Appréhende, évalue, fais tien l’enseignement de Dieu pour ta réalisation dans une perspective de réussite. Ou bien, homme créé debout, accepte de devenir un gisant, retombant comme la glaise qui refuse l’esquisse du Maître. Phil

No responses yet

août 17 2007

Marcel Jousse II ° Manger la Parole

Published by Phil under Théologie, Philosophie


Augustin, fresque VIe s.

____________________

 

Quand vous assistez au cours d’un de vos professeurs, votre bouche n’articule pas en même temps que sa bouche, vos mains n’esquissent pas en même temps de ses mains, votre corps ne modèle pas en même temps que son corps. Or, c’est précisément cette passivité qui fait votre faiblesse. Bon gré mal gré, la mémoire est essentiellement rejeu. Vous ne rejouez pas comme vous devriez rejouer dans une pédagogie normale.A chacune des propositions de l’instructeur qui , au fond, ne fait que répéter chacune des interactions du réel, le receveur, l’appreneur doit rejouer en écho de l’instructeur et en contre-écho du réel. Or, cela avait été pratiquement oublié.

 

C’est avec cette école active que nous avons vu former les douze paysans-artisans galiléens, répétiteurs de Iéshoua, qui sont allé évangéliser le monde. Comment avaient-ils acquis cette science qui nous déconcerte ? Par la répétition en écho.

Marcel Jousse, La manducation de la parole, p. 45 et 46

 

No responses yet

août 17 2007

Marcel Jousse, sj (1886-1961) I ° Un génie méconnu

Published by Phil under Théologie, Philosophie

________________

Marcel Jousse est le créateur d’une science nouvelle, l’Anthropologie du Geste, qui étudie le rôle du geste et du rythme, dans les processus de la connaissance, de la mémoire et de l’expression humaine. Cette science vise à opérer une synthèse entre disciplines diverses: psychologie, linguistique, ethnologie, psychiatrie, sciences religieuses et exégétiques, pédagogie profane et sacrée.

Citations
Les lois de la vie sont simples, parce que vivantes. Le jeu qui en résulte est complexe, parce que vivant.

Nous ne pouvons pas nous échapper du mimisme humain,… et pour parler de Dieu, nous ne pouvons pas faire autre chose que des symboles, c’est-à-dire des choses concrètes qui essaient de mordre sur l’invisible.
C’est un fait que Rabbi Ieshoua [Jésus] n’a rien écrit. Donc il a cru que les mécanismes oraux de son milieu étaient capables, si j’ose dire, de porter tout le poids de la divinité. A découvrir….

No responses yet

août 03 2007

La sainte Ecriture étudiée et proclamée

Published by Phil under Art + Histoire, Théologie

Eglise de Romainmôtier / CH

Ambon du VIIIe s.

_________________________


La Bible est certes un livre à lire, à étudier, à expliquer, à commenter, à méditer. Tout cela n’a finalement qu’un sens : elle permet à Dieu de nous parler.Nous pouvons en faire un objet culturel. Le succès médiatique de la Bible sera toujours ambigu.

La lecture croyante de la Bible est une lecture priante. Ce n’est pas un livre à lire, c’est un livre à écouter. C’est la pédagogie de la lectio divina, qui est en honneur dans les monastères et chez les fidèles. C’est aussi le secret de la prière contemplative chrétienne.

Une réflexion sur la lecture de la Bible dans la liturgie conduit aux mêmes convictions. L’Ecriture joue pleinement son rôle dans l’Eglise lorsqu’elle est prononcée, proclamée. A ce moment-là, la Parole de Dieu reprend son caractère oral, sa force de communication et sa vivacité.

Serviteurs de la Parole

De là l’importance du lecteur. Il ne s’agit pas seulement de lire un texte le mieux possible. Certes il ne faut pas négliger l’aspect technique de la lecture. L’enjeu est de faire résonner la Parole dans les coeurs. C’est un ministère qui appelle un charisme. Le Lecteur doit demander la grâce d’être un instrument de l’Esprit-Saint, afin que ce qu’il lit soit suffisamment vivant en lui, pour que ce soit également vivant dans ceux qui écoutent.

La même exigence et la même grâce se retrouvent dans le ministère de la prédication et dans l’évangélisation. Cette annonce n’est juste et féconde que si elle est nourrie de l’Écriture Sainte. Phil

No responses yet

juil 31 2007

Christianisme et judaïsme ° Religions de la Parole ou religions du Livre ?

Published by Phil under Théologie

___________

Nous avons trop laissé dire que le christianisme était l’une des trois religions du Livre, les deux autres étant le judaïsme et l’islam.

Pour la Bible, Dieu ne veut pas nous écrire. Il veut nous parler. Entre ces deux modes de communication, la différence est grande. S’il nous parle, c’est qu’il veut être proche de chaque personne.

Dieu confie sa Parole, aux prophètes d’abord, chargés de la retransmettre. Avant d’être un parleur, le prophète est un écouteur.

__________________________________________

Est-il vrai que Dieu parle, et qu’il n’écrit pas ?

Des passages de la Bible pourraient témoigner du contraire. Par exemple, on voit un livre enroulé, écrit recto verso, qui est présenté à Ézéchiel. Ce dernier reçoit l’ordre de le manger. S’il est invité à assimiler la Parole, c’est pour la redire : Mange ce volume, et va parler à la Maison d’Israël. (cf. Ez 2,9-3,4)

Une autre exception célèbre: les tables de la Loi. Les tables étaient l’oeuvre de Dieu et l’écriture était celle de Dieu, gravée sur les tables. Et ailleurs : le Seigneur m’avait donné les deux tables de pierre écrites du doigt de Dieu. (Ex 32,16 ; Dt 9,10) Dans d’autres passages, au contraire, le Seigneur dit à Moïse : Mets par écrit ces paroles car selon ces clauses, j’ai conclu mon alliance avec toi et avec Israël. (Ex 34, 25) Dieu est réellement, par Moïse, l’auteur du Décalogue. Moïse en est concrètement le scripteur.

_________________________

Il a parlé par les prophètes

La foi est d’abord une écoute. C’est la célèbre affirmation de Paul dans la lettre aux Romains (Rm 10,17 et 10,14) : Fides ex auditu.

Trois fois par jour, le juif pieux récite le Shema Israël, invitation adressée au Peuple d’être à l’écoute de son Dieu (Dt 6, 4). Nous pouvons dire que l’oreille est la porte par laquelle la foi peut entrer en nous.

Dès les premières lignes de la Genèse, Dieu parle. Il crée par sa Parole. Il dit «Lumière», et la lumière existe. La Parole créatrice est une première révélation.

La Révélation proprement dite commence lorsque la Parole divine s’adresse à l’oreille du cœur de l’homme. C’est alors le temps des rendez-vous mystérieux et bouleversants jalonnant nos routes de nomades et nos chemins intérieurs. Par bribes, mot à mot, Dieu se fait connaître. Phil

No responses yet

juil 30 2007

Le sacrement de la réconciliation ° « Délivre-nous du mal »

Published by Phil under Théologie

________________

« En quoi vivre le sacrement de la réconciliation est important pour la vie d’un catholique (s’il l’est), plutôt que se contenter de demander à Dieu, avec sincérité, son pardon dans la prière personnelle, sûr qu’Il nous l’accordera dans sa bonté ? Je suis parfois prise d’incertitudes à ce sujet. »

________________

au niveau psychologique d’abord (très succinctement)

L’aveu, qui n’est forcé par qui que ce soit, freine le processus de désagrégation de la personne dans ce qui, consciemment ou inconsciemment, pourrait l’écraser. Nous en faisons tous l’expérience.

L’aveu et le dialogue permettent de remettre les choses à leur juste place. Une personne scrupuleuse - cela existe aussi en dehors du contexte religion - évitera de voir la faute là où elle n’est pas ou de l’amplifier indûment. Une autre plutôt laxiste découvrira la gravité des pensées, des paroles, des actions ou des omissions banalisées ou ignorées.

________________

au niveau spirituel, ensuite: le pardon des fautes pour le chrétien

1. La contrition parfaite

Recevoir le pardon de Dieu n’est pas un acte automatique, voir magique. La contrition, pour être véritable, exige :

- le profond regret de la faute concrète,

- sa dénomination,

- la résolution de ne plus la commettre à l’avenir en prenant des mesures raisonnables et réalistes.

Dès que nous connaissons une contrition parfaite, Dieu nous comble déjà de son pardon et de sa grâce, c’est-à-dire de sa force, pour progresser dans la vie. La contrition parfaite rend immédiatement juste le pécheur avant même la réception du sacrement de la réconciliation. Elle est un acte qui provient de l’amour.

2. Le sacrement de la réconciliation

° La rencontre personnelle d’un prêtre

Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même. (1Tm 2,5)

A la suite des Apôtres, les prêtres reçoivent la mission de remettre les péchés. Il n’y a là aucune espèce de magie. Les prêtres ne prennent pas la place de l’unique Sauveur : ils tiennent sa place, ce qui est très différent. Dieu s’est fait homme pour sauver les hommes : ainsi le Christ ressuscité ne veut pas renoncer à ce contact personnel. La grâce de Dieu veut nous toucher réellement, et pas seulement mentalement.

Le prêtre n’est pas là pour enquêter sur nos nombreux péchés. Il est là au nom du Christ

- pour nous dire à quel point Dieu nous aime,

- pour nous aider à discerner,

- pour nous aider à trouver les moyens de nous relever et de reprendre souffle.

° La rencontre communautaire

L’Eglise invite aussi les chrétiens à célébrer ensemble - célébration communautaire - le pardon de Dieu. Quatre temps structurent la célébration pénitentielle :

- l’accueil mutuel,

- l’écoute de la Parole de Dieu,

- la confession de l’amour de Dieu et en même temps la reconnaissance de nos péchés,

- l’accueil du Pardon pour en devenir les témoins.

________________

La sincérité dans la Réconciliation ne suffit pas. Je peux très sincèrement être dans l’erreur! Une démarche vraie et libératrice : voilà ce qui convient. Nous la trouvons dans le dialogue avec le prêtre qui nous donne quelques points de repère et dit, au nom du Seigneur : « Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, je te pardonne tous tes péchés. » Cette parole réalise ce qu’elle signifie. C’est le sommet de la démarche de réconciliation: un moment bouleversant. Comme le disait un enfant à un camarade en quittant l’ oratoire-confessionnal: Lorsque tu sors d’ici, tu es à un autre étage!

Nos frères et sœurs réformés, qui ne connaissent pas le sacrement de la réconciliation, pratiquent le conseil spirituel dans le prolongement du désir de conversion adressé au Seigneur.

 

No responses yet

juil 29 2007

Prédication du XVIIe dimanche ° « Et ne nous soumets pas à la tentation »

Published by Phil under Théologie

La traduction du Notre Père en langue française pose de nombreux problèmes: la sixième demande par exemple, Ne nous soumets pas à la tentation … Comment comprendre que Dieu puisse souhaiter que nous soyons tentés?   Notre Père   Lc 11, 1-13

 

Abbé Philippe CHEVRE

Dimanche 29 juillet 2007 / 10mn

Basilique de la Trinité, Berne / CH

 

 
icon for podpress  Standard Podcast: Play Now | Play in Popup | Download

No responses yet

juil 29 2007

Le texte hébraïque et araméen du Notre Père

Published by Phil under Théologie

   Ecriture araméenne

______________

Affirmer que nous ne sommes pas en possession du texte hébraïque du Notre Père est excessif.

Jésus récitait des prières juives de son temps. L’Evangile en est farci. Nous pouvons donc bien connaître la prière que le Sauveur nous a enseignée.

Le Père Frey, secrétaire de la Commission biblique pontificale en 1944, demanda à Marcel Jousse : Le Pater est-il une prière juive ou chrétienne ? Il répondit :

Les deux. Le Pater est une prière juive par rapport aux formules qui toutes existaient avant Jésus et avaient servi dans des compositions antérieures. Il est une prière chrétienne par l’agencement personnel des formules qui prennent, par leur nouveau contexte, une signification et un relief inattendus.(1)

Un juif peut réciter le Pater sans être aucunement dérouté. Il y retrouve les formules élaborées par des millénaires appartenant à sa tradition.

______________

° Un érudit juif a reconstitué le Pater en utilisant des parties de prières juives. Il nous démontre que la manière de prier de Jésus faisait partie du culte de la synagogue (cf. Shlomo Hizak, Le Petit Sanctuaire, Jérusalem 2004, p.34) :

Notre père qui es aux cieux

que ton nom soit sanctifié

dans le monde que tu as créé selon ta volonté.

Que ton règne et ta domination viennent rapidement

et qu’ils soient reconnus par le monde entier.

Que ton nom soit loué pour l’éternité.

Que ta volonté soit faite au ciel et sur la terre.

Accorde la paix de ton Esprit à ceux qui te craignent.

Qu’en toutes choses tu fasses ce qui t’est agréable.

Réjouis-nous chaque jour par le pain que tu as préparé pour nous.

Père, pardonne-nous nos péchés.

Pardonne aussi ceux qui nous ont blessés comme nous aussi leur pardonnons.

Ne nous laisse pas aller à la tentation, mais garde-nous de tout mal.

______________

° Et pour savoir que cela existe, les formules araméennes du Pater:

Abûna debishmayyâ / Abbâ de nous qui es aux Cieux

yitqaddash shemâk. / sanctifié soit le Nom de toi.

têtê malkûtâk. / Vienne la Règle de toi.

tit’abêd re’ûtâk / Soit fait le Vouloir de toi

hêkmâ debishmayyâ / comme dans les Cieux

hêkdên bear’â. / ainsi sur la Terre.

lahmanâ deâtê / Le Pain de nous qui est venant

hab lânâ yômâ dên. / donne à nous au jour présent.

ûshebôq lânâ hôbanâ / Et remets à nous les dettes de nous

hêkmâ disbaquâ lehayyâbanâ. / comme remîmes, nous, aux detteurs de nous.

welâ tayetinnanâ lenisyônâ / Et point laisse venir nous à l’épreuve

ellâ shêzêbna min bîshâ / mais au contraire libère-nous du Mal(in).

______________

1. Pour information, le P. Frey a dédicacé l’étude de Jousse sur le Pater dans les termes suivants : Au. R.P. Marcel Jousse qui par une voie nouvelle confirme les vérités anciennes. Hommage reconnaissant.

No responses yet

juil 29 2007

« Et ne nous soumets pas à la tentation »

Published by Phil under Théologie

Papyrus Bodmer XIV-XV, IIIe s.

La plus ancienne version du Notre Père

________________________________

Et ne nos inducas in tentationem

traduit actuellement par
et ne nous soumets pas à la tentation

À propos du texte latin, l’exégète Jean Carmignac explique que ce n’est qu’un décalque d’une tournure latino-grecque. Il faut la comprendre à travers l’original sémitique.

L’abbé Carmignac se rebelle parce que le peuple de Dieu se voit proposer une formule différente de celle utilisée par des générations durant des siècles, toute insuffisante qu’elle était. Il était donc en droit de penser que la nouvelle formule serait meilleure. Or elle est inadmissible, blasphématoire même ne craint pas d’écrire l’abbé Carmignac, suivant en cela certains Pères de l’Eglise: Si Dieu exerce le moindre rôle positif dans la tentation, il ne peut plus être infiniment saint, puisqu’il contribue par la tentation à inciter au péché, et il ne peut plus être infiniment bon, puisqu’il contribue à entraîner ses enfants de la terre vers le plus grand des malheurs. Et, l’épître de saint Jacques: Que nul ne dise, s’il est tenté, « c’est Dieu qui me tente ». (Jc 1, 13)

Alors comment traduire?
L’abbé Carmignac se réfère à la place de la négation dans la phrase. Une des formes du verbe hébraïque (par simple addition ou modification d’une syllabe dans le mot) est le causatif. Par exemple : manger (forme simple) et faire manger (forme causative) c’est-à-dire nourrir. Ici, entrer et faire entrer. La négation avec un causatif : (ne pas) (faire entrer) peut se comprendre suivant que l’on fait porter la négation sur le premier ou le second terme : (ne pas faire) (entrer) ou (faire) (ne pas entrer).

Ici il faut choisir le second terme de l’alternative et comprendre et fais que nous n’entrions pas dans la tentation, ou peut-être mieux, et garde-nous d’entrer dans la tentation, formule qui a l’avantage de garder le même nombre de pieds (12) que et ne nous soumets pas à la tentation, ce qui permettrait de l’insérer sans frais dans le Pater chanté en français.

Le et du début de cette sixième demande du Notre Père n’est pas une conjonction faible. Elle signifie: mais au contraire.

Cette dernière formule a été proposée par l’Association des Amis de l’Abbé Jean Carmignac aux évêques de France en décembre 2005. Alors … Phil

No responses yet

juil 28 2007

Nos racines judéo-chrétiennes

Published by Phil under Théologie

________________

Le Cardinal Carlo Maria Martini, bibliste réputé et ancien archevêque de Milan, écrit :
A l’origine le christianisme est profondément enraciné dans le judaïsme. Sans un sentiment sincère pour le modèle juif et une expérience directe de cela, dit-il, on ne peut pas comprendre le christianisme. Jésus est pleinement juif, les apôtres sont juifs, et nul ne peut douter de leur attachement aux traditions de leurs pères.

Le Cardinal Martini propose que nous essayions de penser la relation entre judaïsme et christianisme comme un schisme malheureux. Il explique que la séparation qui est survenue entre les deux traditions religieuses n’a apporté qu’une perte de compréhension religieuse au sein du christianisme. Il se réfère à la séparation entre l’Eglise et la Synagogue comme au schisme originel, précédant les deux grands schismes qui ont eu lieu dans l’Eglise chrétienne par la suite.

Pour le Cardinal Martini, le terme de schisme implique deux réalités :
la première: cela n’aurait jamais dû avoir lieu ;
la deuxième : c’est qu’il y a une obligation de guérir la blessure de cette séparation et de la vaincre.

Juifs et chrétiens
° Des frères ?
La fratrie, cela veut dire bien sûr beaucoup de choses en commun mais aussi bien des différences. La fratrie, cela implique bien sûr une parenté commune. Mais, comme on le sait, des frères peuvent avoir des personnalités complètement différentes. Cette représentation vaut pour les profondes connections qu’il y a entre juifs et chrétiens, mais aussi pour les différences profondes qui les séparent.

° Des jumeaux ?
Les jumeaux, même s’ils ne sont pas identiques, ont tendance à être beaucoup plus proches que des simples frères. Cette image penche davantage du côté des rapprochements que du côté des différences dans la relation.
Le judaïsme et le christianisme au fil des siècles sont devenus deux communautés religieuses distinctes, alors que leur lien doit être souligné et que le christianisme doit retrouver ses racines juives.

° Des partenaires en attente ?
C’est une image qui semble plus ouverte que celles de fratrie ou de jumeaux. Cependant il y manque l’accent mis sur le lien profond inhérent à la fratrie ou à la gémellité.

° Deux religions nouvelles ?
Il n’y a pas eu un judaïsme unique à l’époque de Jésus mais plusieurs judaïsmes. Et donc, cette interprétation rend hautement problématique de dire que le christianisme accomplit le judaïsme, car alors on devrait se demander : lequel des judaïsmes le christianisme accomplit-il? Phil

No responses yet

juil 27 2007

Lire un texte en général, un texte biblique en particulier

Published by Phil under Théologie

___________

La Bible nous propose elle-même des processus de lecture, par exemple lors de la rencontre entre un Ethiopien et un disciple, Philippe. (Ac 8, 26-40)

1. «Un Éthiopien, un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, reine d’Éthiopie, administrateur de tous ses trésors, était venu à Jérusalem pour adorer Dieu. Il en revenait, assis dans son char, et lisait le prophète Isaïe.» Au commencement il y a le désir personnel de la lecture et le plaisir attaché à la recherche du sens.

2. Première question adressée à l’Ethiopien par le disciple: «Comprends-tu vraiment ce que tu lis?» Un espace se crée entre le texte et le sens. Comprendre n’est pas un acte immédiat. Un sens est à chercher, tant il est vrai qu’un texte peut être lu à différents niveaux, selon ce qu’on y cherche et qu’on y trouve.

3. Réponse de l’Ethiopien: «Comment pourrais-je comprendre s’il n’y a personne pour me guider?» Un guide, ce peut être une ou plusieurs personnes, des instruments de travail, les différentes disciplines du savoir, l’expérience de la vie, l’Esprit.

4. Une nouvelle question de l’Ethiopien: «Dis-moi, je te prie: de qui parle-t-il ? De lui-même, ou bien d’un autre?» Le texte met à jour des incompréhensions et suscite des interrogations. De qui, de quoi parle-t-on ? Questions qui s’adressent autant à l’auteur qu’au texte et au lecteur, réunis dans l’acte de lecture.

5. Puis, le disciple «à partir de ce passage de l’Écriture, lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus.» Une clé de compréhension est proposée.

6. A la suite de quoi l’Ethiopien demande le baptême. L’acte de la lecture se prolonge dans un geste, un signe, une attitude qui manifestent l’appropriation d’un sens.

7. Dernière indication: «L’eunuque poursuivait sa route, tout joyeux.» Un sens nourrissant lui permet de continuer son chemin.

Nous sommes loin de l’accueil d’un texte infaillible. L’écrit profane ou sacré provoque le lecteur et l’invite par un travail de compréhension à découvrir un sens.

Dans quasiment tous les textes bibliques: des anthropomorphismes nombreux, une anthropologie très différente de celle que nous avons héritée des grecs, des us et coutumes dont nous ne comprenons pas la portée, l’intention du narrateur qui nous échappe, etc. nous invitent à une véritable recherche du sens. Cette démarche passionnante est indispensable pour ne pas faire dire au texte le tout et son contraire à la fois. Elle n’est pas évidente. Phil

No responses yet

juil 26 2007

Infaillibilité ° L’une des notions les plus brouillées dans l’opinion publique

Published by Phil under Théologie

________________

En réponse à un frère luthérien confessionnel qui proclame sa foi en l’infaillibilité de la Parole de Dieu.

Tout d’abord, ne faut-il pas récuser l’adjectif infaillible au sujet de tout individu ou de tout écrit? Dieu seul, dans sa grandeur inaccessible, est infaillible.

Infaillible (qui ne peut [se] tromper, selon le Petit Robert): un adjectif attribué au pape, entre autre, depuis le Concile Vatican I (1870) et qu’il faut bien comprendre.
Au titre de la primauté qu’il exerce dans l’église (881-882*), l’évêque de Rome, successeur de Pierre, jouit personnellement de l’indéfectibilité dans l’exercice de son magistère (891*) en lien avec l’ensemble des évêques.

° Cette infaillibilité du pape ne doit être comprise ni comme le privilège d’être assuré contre la tentation et le péché, ni comme le gage d’une supériorité surhumaine, ni moins encore comme un droit à tout dire et à décider de tout.

° Son infaillibilité, le pape l’exerce dans des conditions précises. L’objet se limite au champ de la foi et des moeurs (891,2035*).

° Il y faut le respect des formes : il s’agit d’une déclaration solennelle et publique, destinée à l’Eglise toute entière (ibid.), ce que l’on désigne par l’expression ex cathedra. C’est dire que l’exercice de l’infaillibilité pontificale est peu fréquent.
Depuis la définition du Concile Vatican I qui l’a promulguée, le pape n’en a usé que pour l’Assomption de la Vierge le 1er novembre 1950. Une réalité très simple : l’affirmation que Marie, ayant eu sur cette terre avec Jésus, chair de sa chair, une relation toute spéciale - celle d’une mère à son fils - a dans le ciel, c’est-à-dire hors de l’espace et donc du temps, une « place » d’une « qualité » toute particulière.

° Le pape ne peut pas être seul à proclamer une définition dogmatique. Les évêques rassemblés en concile oecuménique - c’est-à-dire réunis comme représentants de l’église universelle - ont aussi autorité infaillible pour définir une vérité de la foi (891*). Mais ils ne peuvent le faire qu’en union et avec l’assentiment du pape. Ce fut le cas au concile Vatican I qui justement a proclamé l’infaillibilité personnelle de l’évêque de Rome, en lien avec l’ensemble des évêques.

Demain je vous parlerai du problème que me pose la position de Lepante (cf. dialogue du 18 juillet 2007, 8:34): l’infaillibilité de la Parole de Dieu. Phil

________________

* Catéchisme de l’Eglise catholique, Guide de lecture, Paris 1998

No responses yet

juil 23 2007

François Mauriac ° Le combat de la grâce

Published by Phil under Théologie

________________

Vivre avec Dieu ? Un vrai combat …

Mars 1966, Discours de clôture, Conférence des intellectuels catholiques / 8mn

 

 
icon for podpress  Standard Podcast: Play Now | Play in Popup | Download

No responses yet

juil 10 2007

Maître Eckart ° « Un rien qui était Dieu »

Published by Phil under Théologie


__________________

 

Paul voyait Rien, et ce Rien était Dieu. (Maître Eckart)

Prédication décapante de Louis Pernot, pasteur à l’Eglise réformée de l’Etoile à Paris. N’enfermons pas Dieu!    Phil

 

 
icon for podpress  Standard Podcast: Play Now | Play in Popup | Download

No responses yet