Archive for juillet, 2007

juil 31 2007

Christianisme et judaïsme ° Religions de la Parole ou religions du Livre ?

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Nous avons trop laissé dire que le christianisme était l’une des trois religions du Livre, les deux autres étant le judaïsme et l’islam.

Pour la Bible, Dieu ne veut pas nous écrire. Il veut nous parler. Entre ces deux modes de communication, la différence est grande. S’il nous parle, c’est qu’il veut être proche de chaque personne.

Dieu confie sa Parole, aux prophètes d’abord, chargés de la retransmettre. Avant d’être un parleur, le prophète est un écouteur.

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Est-il vrai que Dieu parle, et qu’il n’écrit pas ?

Des passages de la Bible pourraient témoigner du contraire. Par exemple, on voit un livre enroulé, écrit recto verso, qui est présenté à Ézéchiel. Ce dernier reçoit l’ordre de le manger. S’il est invité à assimiler la Parole, c’est pour la redire : Mange ce volume, et va parler à la Maison d’Israël. (cf. Ez 2,9-3,4)

Une autre exception célèbre: les tables de la Loi. Les tables étaient l’oeuvre de Dieu et l’écriture était celle de Dieu, gravée sur les tables. Et ailleurs : le Seigneur m’avait donné les deux tables de pierre écrites du doigt de Dieu. (Ex 32,16 ; Dt 9,10) Dans d’autres passages, au contraire, le Seigneur dit à Moïse : Mets par écrit ces paroles car selon ces clauses, j’ai conclu mon alliance avec toi et avec Israël. (Ex 34, 25) Dieu est réellement, par Moïse, l’auteur du Décalogue. Moïse en est concrètement le scripteur.

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Il a parlé par les prophètes

La foi est d’abord une écoute. C’est la célèbre affirmation de Paul dans la lettre aux Romains (Rm 10,17 et 10,14) : Fides ex auditu.

Trois fois par jour, le juif pieux récite le Shema Israël, invitation adressée au Peuple d’être à l’écoute de son Dieu (Dt 6, 4). Nous pouvons dire que l’oreille est la porte par laquelle la foi peut entrer en nous.

Dès les premières lignes de la Genèse, Dieu parle. Il crée par sa Parole. Il dit «Lumière», et la lumière existe. La Parole créatrice est une première révélation.

La Révélation proprement dite commence lorsque la Parole divine s’adresse à l’oreille du cœur de l’homme. C’est alors le temps des rendez-vous mystérieux et bouleversants jalonnant nos routes de nomades et nos chemins intérieurs. Par bribes, mot à mot, Dieu se fait connaître. Phil

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juil 30 2007

L’autorité naturelle

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L’autorité naturelle existe-t-elle vraiment ?

Dans certaines circonstances, le fait de donner un interdit ou d’imposer une marche à suivre ne vont-ils pas à l’encontre du respect ?

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L’autorité naturelle existe chez des personnes en qui nous sentons une profonde unité.

On dit d’une personne qu’elle a de l’autorité naturelle, si elle communique efficacement avec ses subordonnés au moment même où elle demande ou affirme quelque chose, sans avoir recours aux menaces, aux punitions et aux artifices. Il lui suffit de paraître et d’ordonner pour susciter une adhésion raisonnable et immédiate. La confiance s’établit d’entrée de jeu.

Ce n’est pas quelque chose d’inné. Il s’agit du résultat de toute une éducation. Des parents et des enseignants (un seul suffit !) ont montré par l’exemple à leurs enfants ce qu’apporte l’absence de duplicité, l’adhésion pleine à ce qu’ils font, le choix des voies exigeantes mais sûres en amitié et dans les activités professionnelles, sportives et culturelles.

L’unité de la personne signifie qu’elle s’aime. Si elle doit donner des ordres exigeants parfois, c’est qu’elle en a reçu le mandat, qu’elle a des compétences dans le domaine concerné et sait déléguer, qu’elle agit pour le bien de tous. L’amour provoque le respect et l’amitié. Il n’y a pas de place pour un esprit tatillon dans ce comportement-là.

La personne douée d’une autorité naturelle est sereine. Cela se voit. La personne autoritaire n’admet jamais la contradiction. Elle est tourmentée, envahie par la peur d’elle-même et donc des autres. Elle a besoin de démonstrations de puissance.

Agir avec une autorité naturelle : comme cela est bon ! Etre autoritaire : jamais.

Exister, c’est dire oui; c’est accepter; c’est adhérer. Cependant, si j’accepte toujours, si je ne refuse et ne me refuse jamais, je m’enlise. Exister personnellement c’est donc aussi savoir dire non, protester, s’arracher, tout remettre à tout moment en question parmi ses croyances, ses opinions, ses certitudes, ses formules, ses adhésions, ses habitudes, ses appartenances. Primauté de l’existant et exigence d’authenticité… (Emmanuel Mounier, Perspectives personnalistes)

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juil 30 2007

Le sacrement de la réconciliation ° « Délivre-nous du mal »

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« En quoi vivre le sacrement de la réconciliation est important pour la vie d’un catholique (s’il l’est), plutôt que se contenter de demander à Dieu, avec sincérité, son pardon dans la prière personnelle, sûr qu’Il nous l’accordera dans sa bonté ? Je suis parfois prise d’incertitudes à ce sujet. »

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au niveau psychologique d’abord (très succinctement)

L’aveu, qui n’est forcé par qui que ce soit, freine le processus de désagrégation de la personne dans ce qui, consciemment ou inconsciemment, pourrait l’écraser. Nous en faisons tous l’expérience.

L’aveu et le dialogue permettent de remettre les choses à leur juste place. Une personne scrupuleuse - cela existe aussi en dehors du contexte religion - évitera de voir la faute là où elle n’est pas ou de l’amplifier indûment. Une autre plutôt laxiste découvrira la gravité des pensées, des paroles, des actions ou des omissions banalisées ou ignorées.

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au niveau spirituel, ensuite: le pardon des fautes pour le chrétien

1. La contrition parfaite

Recevoir le pardon de Dieu n’est pas un acte automatique, voir magique. La contrition, pour être véritable, exige :

- le profond regret de la faute concrète,

- sa dénomination,

- la résolution de ne plus la commettre à l’avenir en prenant des mesures raisonnables et réalistes.

Dès que nous connaissons une contrition parfaite, Dieu nous comble déjà de son pardon et de sa grâce, c’est-à-dire de sa force, pour progresser dans la vie. La contrition parfaite rend immédiatement juste le pécheur avant même la réception du sacrement de la réconciliation. Elle est un acte qui provient de l’amour.

2. Le sacrement de la réconciliation

° La rencontre personnelle d’un prêtre

Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même. (1Tm 2,5)

A la suite des Apôtres, les prêtres reçoivent la mission de remettre les péchés. Il n’y a là aucune espèce de magie. Les prêtres ne prennent pas la place de l’unique Sauveur : ils tiennent sa place, ce qui est très différent. Dieu s’est fait homme pour sauver les hommes : ainsi le Christ ressuscité ne veut pas renoncer à ce contact personnel. La grâce de Dieu veut nous toucher réellement, et pas seulement mentalement.

Le prêtre n’est pas là pour enquêter sur nos nombreux péchés. Il est là au nom du Christ

- pour nous dire à quel point Dieu nous aime,

- pour nous aider à discerner,

- pour nous aider à trouver les moyens de nous relever et de reprendre souffle.

° La rencontre communautaire

L’Eglise invite aussi les chrétiens à célébrer ensemble - célébration communautaire - le pardon de Dieu. Quatre temps structurent la célébration pénitentielle :

- l’accueil mutuel,

- l’écoute de la Parole de Dieu,

- la confession de l’amour de Dieu et en même temps la reconnaissance de nos péchés,

- l’accueil du Pardon pour en devenir les témoins.

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La sincérité dans la Réconciliation ne suffit pas. Je peux très sincèrement être dans l’erreur! Une démarche vraie et libératrice : voilà ce qui convient. Nous la trouvons dans le dialogue avec le prêtre qui nous donne quelques points de repère et dit, au nom du Seigneur : « Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, je te pardonne tous tes péchés. » Cette parole réalise ce qu’elle signifie. C’est le sommet de la démarche de réconciliation: un moment bouleversant. Comme le disait un enfant à un camarade en quittant l’ oratoire-confessionnal: Lorsque tu sors d’ici, tu es à un autre étage!

Nos frères et sœurs réformés, qui ne connaissent pas le sacrement de la réconciliation, pratiquent le conseil spirituel dans le prolongement du désir de conversion adressé au Seigneur.

 

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juil 29 2007

Prédication du XVIIe dimanche ° « Et ne nous soumets pas à la tentation »

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La traduction du Notre Père en langue française pose de nombreux problèmes: la sixième demande par exemple, Ne nous soumets pas à la tentation … Comment comprendre que Dieu puisse souhaiter que nous soyons tentés?   Notre Père   Lc 11, 1-13

 

Abbé Philippe CHEVRE

Dimanche 29 juillet 2007 / 10mn

Basilique de la Trinité, Berne / CH

 

 
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juil 29 2007

Le texte hébraïque et araméen du Notre Père

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   Ecriture araméenne

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Affirmer que nous ne sommes pas en possession du texte hébraïque du Notre Père est excessif.

Jésus récitait des prières juives de son temps. L’Evangile en est farci. Nous pouvons donc bien connaître la prière que le Sauveur nous a enseignée.

Le Père Frey, secrétaire de la Commission biblique pontificale en 1944, demanda à Marcel Jousse : Le Pater est-il une prière juive ou chrétienne ? Il répondit :

Les deux. Le Pater est une prière juive par rapport aux formules qui toutes existaient avant Jésus et avaient servi dans des compositions antérieures. Il est une prière chrétienne par l’agencement personnel des formules qui prennent, par leur nouveau contexte, une signification et un relief inattendus.(1)

Un juif peut réciter le Pater sans être aucunement dérouté. Il y retrouve les formules élaborées par des millénaires appartenant à sa tradition.

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° Un érudit juif a reconstitué le Pater en utilisant des parties de prières juives. Il nous démontre que la manière de prier de Jésus faisait partie du culte de la synagogue (cf. Shlomo Hizak, Le Petit Sanctuaire, Jérusalem 2004, p.34) :

Notre père qui es aux cieux

que ton nom soit sanctifié

dans le monde que tu as créé selon ta volonté.

Que ton règne et ta domination viennent rapidement

et qu’ils soient reconnus par le monde entier.

Que ton nom soit loué pour l’éternité.

Que ta volonté soit faite au ciel et sur la terre.

Accorde la paix de ton Esprit à ceux qui te craignent.

Qu’en toutes choses tu fasses ce qui t’est agréable.

Réjouis-nous chaque jour par le pain que tu as préparé pour nous.

Père, pardonne-nous nos péchés.

Pardonne aussi ceux qui nous ont blessés comme nous aussi leur pardonnons.

Ne nous laisse pas aller à la tentation, mais garde-nous de tout mal.

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° Et pour savoir que cela existe, les formules araméennes du Pater:

Abûna debishmayyâ / Abbâ de nous qui es aux Cieux

yitqaddash shemâk. / sanctifié soit le Nom de toi.

têtê malkûtâk. / Vienne la Règle de toi.

tit’abêd re’ûtâk / Soit fait le Vouloir de toi

hêkmâ debishmayyâ / comme dans les Cieux

hêkdên bear’â. / ainsi sur la Terre.

lahmanâ deâtê / Le Pain de nous qui est venant

hab lânâ yômâ dên. / donne à nous au jour présent.

ûshebôq lânâ hôbanâ / Et remets à nous les dettes de nous

hêkmâ disbaquâ lehayyâbanâ. / comme remîmes, nous, aux detteurs de nous.

welâ tayetinnanâ lenisyônâ / Et point laisse venir nous à l’épreuve

ellâ shêzêbna min bîshâ / mais au contraire libère-nous du Mal(in).

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1. Pour information, le P. Frey a dédicacé l’étude de Jousse sur le Pater dans les termes suivants : Au. R.P. Marcel Jousse qui par une voie nouvelle confirme les vérités anciennes. Hommage reconnaissant.

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juil 29 2007

« Et ne nous soumets pas à la tentation »

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Papyrus Bodmer XIV-XV, IIIe s.

La plus ancienne version du Notre Père

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Et ne nos inducas in tentationem

traduit actuellement par
et ne nous soumets pas à la tentation

À propos du texte latin, l’exégète Jean Carmignac explique que ce n’est qu’un décalque d’une tournure latino-grecque. Il faut la comprendre à travers l’original sémitique.

L’abbé Carmignac se rebelle parce que le peuple de Dieu se voit proposer une formule différente de celle utilisée par des générations durant des siècles, toute insuffisante qu’elle était. Il était donc en droit de penser que la nouvelle formule serait meilleure. Or elle est inadmissible, blasphématoire même ne craint pas d’écrire l’abbé Carmignac, suivant en cela certains Pères de l’Eglise: Si Dieu exerce le moindre rôle positif dans la tentation, il ne peut plus être infiniment saint, puisqu’il contribue par la tentation à inciter au péché, et il ne peut plus être infiniment bon, puisqu’il contribue à entraîner ses enfants de la terre vers le plus grand des malheurs. Et, l’épître de saint Jacques: Que nul ne dise, s’il est tenté, « c’est Dieu qui me tente ». (Jc 1, 13)

Alors comment traduire?
L’abbé Carmignac se réfère à la place de la négation dans la phrase. Une des formes du verbe hébraïque (par simple addition ou modification d’une syllabe dans le mot) est le causatif. Par exemple : manger (forme simple) et faire manger (forme causative) c’est-à-dire nourrir. Ici, entrer et faire entrer. La négation avec un causatif : (ne pas) (faire entrer) peut se comprendre suivant que l’on fait porter la négation sur le premier ou le second terme : (ne pas faire) (entrer) ou (faire) (ne pas entrer).

Ici il faut choisir le second terme de l’alternative et comprendre et fais que nous n’entrions pas dans la tentation, ou peut-être mieux, et garde-nous d’entrer dans la tentation, formule qui a l’avantage de garder le même nombre de pieds (12) que et ne nous soumets pas à la tentation, ce qui permettrait de l’insérer sans frais dans le Pater chanté en français.

Le et du début de cette sixième demande du Notre Père n’est pas une conjonction faible. Elle signifie: mais au contraire.

Cette dernière formule a été proposée par l’Association des Amis de l’Abbé Jean Carmignac aux évêques de France en décembre 2005. Alors … Phil

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juil 28 2007

Nos racines judéo-chrétiennes

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Le Cardinal Carlo Maria Martini, bibliste réputé et ancien archevêque de Milan, écrit :
A l’origine le christianisme est profondément enraciné dans le judaïsme. Sans un sentiment sincère pour le modèle juif et une expérience directe de cela, dit-il, on ne peut pas comprendre le christianisme. Jésus est pleinement juif, les apôtres sont juifs, et nul ne peut douter de leur attachement aux traditions de leurs pères.

Le Cardinal Martini propose que nous essayions de penser la relation entre judaïsme et christianisme comme un schisme malheureux. Il explique que la séparation qui est survenue entre les deux traditions religieuses n’a apporté qu’une perte de compréhension religieuse au sein du christianisme. Il se réfère à la séparation entre l’Eglise et la Synagogue comme au schisme originel, précédant les deux grands schismes qui ont eu lieu dans l’Eglise chrétienne par la suite.

Pour le Cardinal Martini, le terme de schisme implique deux réalités :
la première: cela n’aurait jamais dû avoir lieu ;
la deuxième : c’est qu’il y a une obligation de guérir la blessure de cette séparation et de la vaincre.

Juifs et chrétiens
° Des frères ?
La fratrie, cela veut dire bien sûr beaucoup de choses en commun mais aussi bien des différences. La fratrie, cela implique bien sûr une parenté commune. Mais, comme on le sait, des frères peuvent avoir des personnalités complètement différentes. Cette représentation vaut pour les profondes connections qu’il y a entre juifs et chrétiens, mais aussi pour les différences profondes qui les séparent.

° Des jumeaux ?
Les jumeaux, même s’ils ne sont pas identiques, ont tendance à être beaucoup plus proches que des simples frères. Cette image penche davantage du côté des rapprochements que du côté des différences dans la relation.
Le judaïsme et le christianisme au fil des siècles sont devenus deux communautés religieuses distinctes, alors que leur lien doit être souligné et que le christianisme doit retrouver ses racines juives.

° Des partenaires en attente ?
C’est une image qui semble plus ouverte que celles de fratrie ou de jumeaux. Cependant il y manque l’accent mis sur le lien profond inhérent à la fratrie ou à la gémellité.

° Deux religions nouvelles ?
Il n’y a pas eu un judaïsme unique à l’époque de Jésus mais plusieurs judaïsmes. Et donc, cette interprétation rend hautement problématique de dire que le christianisme accomplit le judaïsme, car alors on devrait se demander : lequel des judaïsmes le christianisme accomplit-il? Phil

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juil 27 2007

Lire un texte en général, un texte biblique en particulier

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La Bible nous propose elle-même des processus de lecture, par exemple lors de la rencontre entre un Ethiopien et un disciple, Philippe. (Ac 8, 26-40)

1. «Un Éthiopien, un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, reine d’Éthiopie, administrateur de tous ses trésors, était venu à Jérusalem pour adorer Dieu. Il en revenait, assis dans son char, et lisait le prophète Isaïe.» Au commencement il y a le désir personnel de la lecture et le plaisir attaché à la recherche du sens.

2. Première question adressée à l’Ethiopien par le disciple: «Comprends-tu vraiment ce que tu lis?» Un espace se crée entre le texte et le sens. Comprendre n’est pas un acte immédiat. Un sens est à chercher, tant il est vrai qu’un texte peut être lu à différents niveaux, selon ce qu’on y cherche et qu’on y trouve.

3. Réponse de l’Ethiopien: «Comment pourrais-je comprendre s’il n’y a personne pour me guider?» Un guide, ce peut être une ou plusieurs personnes, des instruments de travail, les différentes disciplines du savoir, l’expérience de la vie, l’Esprit.

4. Une nouvelle question de l’Ethiopien: «Dis-moi, je te prie: de qui parle-t-il ? De lui-même, ou bien d’un autre?» Le texte met à jour des incompréhensions et suscite des interrogations. De qui, de quoi parle-t-on ? Questions qui s’adressent autant à l’auteur qu’au texte et au lecteur, réunis dans l’acte de lecture.

5. Puis, le disciple «à partir de ce passage de l’Écriture, lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus.» Une clé de compréhension est proposée.

6. A la suite de quoi l’Ethiopien demande le baptême. L’acte de la lecture se prolonge dans un geste, un signe, une attitude qui manifestent l’appropriation d’un sens.

7. Dernière indication: «L’eunuque poursuivait sa route, tout joyeux.» Un sens nourrissant lui permet de continuer son chemin.

Nous sommes loin de l’accueil d’un texte infaillible. L’écrit profane ou sacré provoque le lecteur et l’invite par un travail de compréhension à découvrir un sens.

Dans quasiment tous les textes bibliques: des anthropomorphismes nombreux, une anthropologie très différente de celle que nous avons héritée des grecs, des us et coutumes dont nous ne comprenons pas la portée, l’intention du narrateur qui nous échappe, etc. nous invitent à une véritable recherche du sens. Cette démarche passionnante est indispensable pour ne pas faire dire au texte le tout et son contraire à la fois. Elle n’est pas évidente. Phil

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juil 26 2007

Infaillibilité ° L’une des notions les plus brouillées dans l’opinion publique

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En réponse à un frère luthérien confessionnel qui proclame sa foi en l’infaillibilité de la Parole de Dieu.

Tout d’abord, ne faut-il pas récuser l’adjectif infaillible au sujet de tout individu ou de tout écrit? Dieu seul, dans sa grandeur inaccessible, est infaillible.

Infaillible (qui ne peut [se] tromper, selon le Petit Robert): un adjectif attribué au pape, entre autre, depuis le Concile Vatican I (1870) et qu’il faut bien comprendre.
Au titre de la primauté qu’il exerce dans l’église (881-882*), l’évêque de Rome, successeur de Pierre, jouit personnellement de l’indéfectibilité dans l’exercice de son magistère (891*) en lien avec l’ensemble des évêques.

° Cette infaillibilité du pape ne doit être comprise ni comme le privilège d’être assuré contre la tentation et le péché, ni comme le gage d’une supériorité surhumaine, ni moins encore comme un droit à tout dire et à décider de tout.

° Son infaillibilité, le pape l’exerce dans des conditions précises. L’objet se limite au champ de la foi et des moeurs (891,2035*).

° Il y faut le respect des formes : il s’agit d’une déclaration solennelle et publique, destinée à l’Eglise toute entière (ibid.), ce que l’on désigne par l’expression ex cathedra. C’est dire que l’exercice de l’infaillibilité pontificale est peu fréquent.
Depuis la définition du Concile Vatican I qui l’a promulguée, le pape n’en a usé que pour l’Assomption de la Vierge le 1er novembre 1950. Une réalité très simple : l’affirmation que Marie, ayant eu sur cette terre avec Jésus, chair de sa chair, une relation toute spéciale - celle d’une mère à son fils - a dans le ciel, c’est-à-dire hors de l’espace et donc du temps, une « place » d’une « qualité » toute particulière.

° Le pape ne peut pas être seul à proclamer une définition dogmatique. Les évêques rassemblés en concile oecuménique - c’est-à-dire réunis comme représentants de l’église universelle - ont aussi autorité infaillible pour définir une vérité de la foi (891*). Mais ils ne peuvent le faire qu’en union et avec l’assentiment du pape. Ce fut le cas au concile Vatican I qui justement a proclamé l’infaillibilité personnelle de l’évêque de Rome, en lien avec l’ensemble des évêques.

Demain je vous parlerai du problème que me pose la position de Lepante (cf. dialogue du 18 juillet 2007, 8:34): l’infaillibilité de la Parole de Dieu. Phil

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* Catéchisme de l’Eglise catholique, Guide de lecture, Paris 1998

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juil 23 2007

François Mauriac ° Le combat de la grâce

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Vivre avec Dieu ? Un vrai combat …

Mars 1966, Discours de clôture, Conférence des intellectuels catholiques / 8mn

 

 
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juil 21 2007

Joseph Bocheński VIII et fin ° Autorité: déléguer et vérifier

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Un responsable doit déléguer, particulièrement si le domaine de son action est grand ou s’il ne maîtrise pas tous les aspects des domaines complexes dans lesquels il doit agir.

Les choses se compliquent lorsque les conditions indispensables au fonctionnement de la délégation ne sont pas respectées:

° Décider: le déléguant, un chef d’entreprise par exemple, doit prendre la décision d’appeler quelqu’un à la délégation.

° Communiquer: cette décision doit être communiquée, ainsi que le domaine précis de cette délégation. C’est une nomination.

° Contrôler: le fonctionnement de cette délégation doit être vérifié avec régularité par le déléguant. Pour diverses raisons, la délégation peut devenir une forme d’abdication ou une gabegie par culture de la confusion.

 

Cf. J.M. Bocheński, Qu’est-ce que l’autorité ?, p. 96-104

Phil

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juil 21 2007

Joseph Bocheński VII ° Autorité: s’engager sur la seule confiance ?

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L’acceptation de l’autorité déontique, c’est-à-dire d’une injonction, d’un ordre, est toujours liée à la poursuite d’un but pratique.

Lorsque je refuse l’autorité déontique d’un porteur dans un domaine, c’est que je nie qu’il y ait un but qui ne peut être atteint que sous cette autorité, ou que l’exécution des ordres du porteur soit une condition nécessaire à la réalisation de ce but, ou les deux ensemble. L’acceptation de l’autorité déontique sans justification est à rejeter pour des raisons morales :

° l’ acceptation aveugle.
° l’ acceptation irraisonnée, c’est-à-dire celle où le sujet imagine un but où il croit nécessaire l’acceptation de l’autorité pour que ce but se réalise, mais cette acceptation demeure sans fondement.
Souvent le sujet admet que son obéissance est utile parce qu’il fait confiance au porteur. Un enfant, par exemple, reconnaît l’autorité (déontique) de sa mère parce qu’il croit que cela est bon pour lui.

Cette attitude est légitime lorsqu’il s’agit d’un enfant dans un milieu familial sain et équilibré, ou de petits groupes où l’on se connaît très bien. Mais le transfert de ce comportement sur de grands ensembles sociaux, en politique ou en religion par exemple, est extrêmement dangereux.

 

Cf. J.M. Bocheński, Qu’est-ce que l’autorité ?, p. 87-95

Phil

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juil 19 2007

Joseph Bocheński VI ° Les espèces d’autorité

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Les espèces d’autorité se différencient en fonction du domaine auquel je me réfère.
Le mathématicien exerce, par exemple, un certain type d’autorité parce qu’il s’occupe de sciences mathématiques.

Un officier exerce un autre type d’autorité, parce qu’il s’occupe d’opérations militaires.

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Le domaine d’autorité est une classe de propositions ou une classe d’injonctions.

A. Proposition

° Une proposition, une phrase, est toujours vraie ou fausse.
°
Elle peut avoir divers degrés de probabilité.

° Elle se rapporte toujours à un état de chose.

B. Injonction

° Une injonction - un ordre par exemple - n’est ni vraie ni fausse.

° Elle peut être valable, juste, morale, utile, mais jamais vraie ou fausse. Dans l’injonction « Ferme la porte ! », par exemple : demander si cette injonction est vraie ou fausse est un non-sens. Il se peut que cette injonction soit raisonnable ou déraisonnable, mais jamais vraie ou fausse.

° Je ne peux pas parler de la probabilité d’une injonction, mais demander si c’est utile ou inutile.

° Une injonction ne signifie jamais ce qui est, mais ce qui doit être.

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Toute autorité est soit épistémique soit déontique.

Elle concerne le savoir (épistèmè en grec) ou l’injonction (deomai en grec : je dois).

Ces autorités ne s’excluent pas. Un bon officier, un excellent médecin-chef a des connaissances dans le domaine où il doit diriger, même s’il n’a pas toutes les connaissances de ce domaine. Sans connaissance, les choses tourneraient vite très mal.

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Ces deux types d’autorité doivent être indépendants l’un de l’autre.

Un médecin peut avoir un meilleur diagnostic que son médecin-chef. L’autorité déontique de l’un n’enlève rien à l’autorité épistémique de l’autre.

Si les délégations d’autorité (on en reparlera sous peu) fonctionnent bien, il n’y a aucune raison que j’exerce, sans mandat, la direction médicale de tel hôpital si je n’en suis pas le médecin-chef, même si j’ai des compétences excellentes, voir supérieures, dans un domaine précis de la médecine.

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L’autorité déontique dans un domaine et l’autorité épistémique dans le domaine correspondant ne coïncident pas nécessairement.


Voilà une distinction qui nous permettrait d’éviter ou de dénouer rapidement bien des conflits d’autorité si nous en étions davantage conscients.

Cf. J.M. Bocheński, Qu’est-ce que l’autorité ?, p. 59-65

Phil

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juil 18 2007

Joseph Bocheński V ° L’abus d’autorité

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Mussolini ha sempre ragione: c’est le slogan fasciste, un mythe mensonger.

Nul homme n’est pour quelque autre homme une autorité dans tous les domaines.

L’abus du domaine de l’autorité est très fréquemment répandu.

Le porteur d’une autorité en abuse lorsqu’il cherche à l’exercer sur un sujet ou dans un domaine, pour lequel, ou dans lequel sa compétence n’est pas fondée.

Le risque d’abus d’autorité est très grand lorsqu’une institution fait appel à des bénévoles, sans s’assurer ou sans donner un niveau de compétence; lorsque des personnes, démocratiquement élues aussi, ont accès à des charges par goût du pouvoir, sans avoir le minimum de compétences requises.
Cf. J.M. Bocheński, Qu’est-ce que l’autorité ?, p. 49-58

Phil

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juil 17 2007

Joseph Bocheński IV ° Une autorité pour soi-même ?

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Personne n’est, dans aucun domaine, une autorité pour soi-même.

Il arrive trop souvent qu’une personne qui détient une certaine autorité dans un ou quelques domaines n’imagine pas que le sujet de cette autorité puisse devenir à son tour pour elle une autorité dans un autre domaine.

Je suis médecin, par exemple. Le patient que je reçois a un domaine au moins dans lequel il a autorité sur moi. Je ne suis pas omniscient, même si trop souvent, implicitement, je le crois…

Dans un domaine que je connais bien, mais jamais intégralement, j’ai aussi besoin de la collaboration d’autres porteurs d’autorité.
Cf. J.M. Bocheński, Qu’est-ce que l’autorité ?, p. 49-58

Phil

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juil 16 2007

Joseph Bocheński III ° Autorité: la démarche du logicien

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Compétence…

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Situer la démarche de J. M. Bocheński

L’auteur écrit dans la préface de son ouvrage Qu’est-ce que l’autorité ? :

° Il ne s’agit pas d’une monographie exhaustive sur l’autorité. Un tel ouvrage devrait contenir outre une logique, une psychologie, une sociologie et peut-être bien d’autres choses encore. Ce livre n’aborde son objet que du point de vue logique.

° En tant qu’il est une logique, cet ouvrage ne traite que des aspects fondamentaux de l’autorité, de ses traits les plus généraux.

° Celui qui cherche ici de profondes méditations métaphysiques ou existentielles sera donc déçu. (p.28)

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Charisme, disponibilité, persévérance, rectitude morale, honnêteté intellectuelle sont des éléments psychologiques importants dans l’exercice noble de l’autorité, principalement lorsqu’ils vont de pair avec la compétence, qui peut comprendre aussi des erreurs personnelles à corriger.

Le mot autorité est équivoque. Il y a l’autorité1, l’autorité relation, et l’autorité2, l’autorité-propriété.

Tel professeur a de l’autorité1 auprès des élèves parce qu’il a l’autorité2.

Un professeur peut avoir des compétences, et donc l’autorité2, sans nécessairement arriver à se faire comprendre et respecter dans la classe. Il lui manque l’autorité1.

Un professeur peut manquer de compétences, et donc manquer de l’autorité2, et se faire respecter (!) par l’autoritarisme (comportement qui n’admet pas la contradiction…[Petit Robert]) Vous en mesurez les odieuses dérives, dans l’éducation, en politique et même en Eglise. L’autoritarisme n’est pas l’autorité.

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juil 12 2007

Joseph Bocheński II ° Le fonctionnement de l’autorité

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L’autorité est toujours une relation à trois termes: le porteur, le sujet et le domaine. Par exemple: le professeur d’anglais, l’élève, la littérature anglaise.
J. M. Bocheński fait remarquer que sept éléments doivent être réunis pour qu’une autorité s’exerce.
° Dans toute communication, quatre moments se retrouvent nécessairement:

1. Le porteur veut communiquer quelque chose au sujet.

2. Le porteur communique effectivement avec assertion: c’est-à-dire qu’il est en mesure d’utiliser certains signes capables de porter ce qu’il veut communiquer.

3. Le sujet saisit les signes d’une manière purement matérielle: il entend des sons, voit des signes, etc.

4. Le sujet comprend les signes : il est capable de les déchiffrer.

° Dans l’autorité, nous avons en plus :
5. Le sujet comprend que ce qui lui est communiqué l’est avec compétence.

6. Il comprend que les signes viennent du porteur d’autorité.

7. Le sujet reconnaît, accepte ce qui lui est communiqué.

J.M. Bocheński, Qu’est-ce que l’autorité, Fribourg 1976, p. 40    Phil

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juil 12 2007

Joseph Bocheński I ° Autorité et obéissance …

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Joseph Bocheński (biographie en allemand), professeur de philosophie et de logique à l’Université de Fribourg (de 1945 à 1972), spécialiste mondialement reconnu du marxisme et du monde soviétique, a écrit un ouvrage remarquable, tout à fait accessible, plein d’humour aussi: Qu’est-ce que l’autorité ? Cet ouvrage (épuisé!) est depuis longtemps, après la Bible, mon livre de chevet. J’aimerais vous en parler dans les jours qui viennent.

En préambule

Que ce passe-t-il dans la tête de ceux qui critiquent systématiquement l’autorité en général, l’Eglise en particulier?

° Je pense que la critique systématique est souvent facile, lorsqu’elle engage peu. Les réactions seront quasiment nulles ou sans effet. Les mêmes personnes sont plus silencieuses devant des combats et des critiques plus risqués, en politique ou dans le monde du travail par exemple, le travail concret qui nous fait vivre.

° Je pense qu’il y a aussi un manque très grand de liberté. Nous ne craindrons aucunement l’autorité, si nous restons libres de nos choix et de leurs conséquences. L’autorité reconnue implique la compétence. L’obéissance acceptée exige un esprit critique et du courage. Il y aura peut-être des retombées difficiles. Il en va de la dignité de la personne.

A la fin de notre existence, que restera-t-il? Certainement pas les nombreux coups de gueule qui auraient pu caractériser un comportement léger ou une attitude psychologique fragile, mais ce que nous sommes devenus, notre croissance personnelle (augere en latin, d’où auctoritas, autorité), parce que nous avons mis notre oreille à l’écoute (audire), devant (ob, d’où obéir) des paroles qui ont du sens pour la vie humaine. Phil

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juil 10 2007

Maître Eckart ° « Un rien qui était Dieu »

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Paul voyait Rien, et ce Rien était Dieu. (Maître Eckart)

Prédication décapante de Louis Pernot, pasteur à l’Eglise réformée de l’Etoile à Paris. N’enfermons pas Dieu!    Phil

 

 
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juil 06 2007

Les dangers de l’ignorance religieuse

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Flou …

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L’histoire et l’actualité nous disent que l’ignorance religieuse, toutes religions et sagesses confondues, est une bombe à retardement pour la paix du monde.

Tout d’abord elle enferme l’adhérent ignorant dans des choix très éloignés d’un accomplissement personnel. J’ai toujours pensé que le Transcendant souhaitait – pour autant que le verbe souhaiter convienne – le bonheur de l’homme.

Cette ignorance en fait le jouet de manipulateurs. Il est très difficile de le faire sortir de ses fausses convictions. Aucun argument n’est utile pour lui faire quitter ses erreurs, puisqu’il est directement branché sur le Transcendant ou sur des notions fondamentales.

Des minarets en Suisse: oui ou non? Question importante, mais seconde.

Quel prédicateur dans les lieux de prière et de rencontre? Problème fondamental. L’incitation à la haine n’est pas une petite affaire. Phil

 

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