Archive for août, 2007

août 30 2007

Où parle-t-on encore araméen?

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La langue liturgique de Jésus était l’hébreu, sa langue maternelle, l’araméen. Quelques personnes me demandent : où parle-t-on encore araméen ?

En Syrie, à une heure de Damas, à Ma’loula - nom qui signifie entrée - dans une faille de la chaîne de montagnes du Qalamoun, à 1650 m d’altitude.

 


 

La ville charme les visiteurs avec son amphithéâtre de maisons aux tons pastel accrochées au flanc des collines. L’accès aux habitations ne se fait pas par la route mais par des escaliers qui relient les maisons entre elles. Il y a 30 000 ans, des hommes vivaient dans les grottes qui entourent Ma’aloula. Aujourd’hui de nombreux bergers s’en servent comme granges ou entrepôts. Ici, on parlait la langue du Christ l’araméen et dans les villages isolés, l’araméen occidental persiste encore.

A Ma’loula la chrétienté est sortie de l’ombre pour apparaître au grand jour en 313 grâce à l’Edit de Milan, qui garantissait la liberté de culte sous le règne de l’empereur Constantin. Les archéologues ont découvert que le monastère Saint-Serge (deir Mar-Sarkis), avait été fondé entre 313 et 325. Dans son église les chrétiens ont prié et célébré des offices religieux pendant au moins 16 siècles. Le prêtre de l’église du Monastère de Saint-Serge, récite toujours le Notre-Père en araméen. Phil

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août 28 2007

Saint Augustin ° Seul le présent existe

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Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais; mais que je veuille l’expliquer à la demande, je ne le sais pas ! Et pourtant - je le dis en toute confiance - je sais que si rien ne se passait, il n’y aurait pas de temps passé, et si rien n’advenait, il n’y aurait pas d’avenir, et si rien n’existait, il n’y aurait pas de temps présent.

Mais ces deux temps, passé et avenir, quel est leur mode d’être alors que le passé n’est plus et que l’avenir n’est pas encore ? Quant au présent, s’il était toujours présent sans passer au passé, il ne serait plus le temps mais l’éternité. Si donc le présent, pour être du temps, ne devient tel qu’en passant au passé, quel mode d’être lui reconnaître, puisque sa raison d’être est de cesser d’être, si bien que nous pouvons dire que le temps a l’être seulement parce qu’il tend au néant. […]

Enfin, si l’avenir et le passé sont, je veux savoir où ils sont. Si je ne le puis, je sais du moins que, où qu’ils soient, ils n’y sont pas en tant que choses futures ou passées, mais sont choses présentes. Car s’ils y sont, futur il n’y est pas encore, passé il n’y est plus. Où donc qu’ils soient, quels qu’ils soient, ils n’y sont que présents. Quand nous racontons véridiquement le passé, ce qui sort de la mémoire, ce n’est pas la réalité même, la réalité passée, mais des mots, conçus d’après ces images qu’elle a fixées comme des traces dans notre esprit en passant par les sens. Mon enfance par exemple, qui n’est plus, est dans un passé qui n’est plus, mais quand je me la rappelle et la raconte, c’est son image que je vois dans le présent, image présente en ma mémoire.

En va-t-il de même quand on prédit l’avenir ? Les choses qui ne sont pas encore sont-elles pressenties grâce à des images présentes ? Je confesse, mon Dieu, que je ne le sais pas. Mais je sais bien en tout cas que d’ordinaire nous préméditons nos actions futures et que cette préméditation est présente, alors que l’action préméditée n’est pas encore puisqu’elle est à venir. Quand nous l’aurons entreprise, quand nous commencerons d’exécuter notre projet, alors l’action existera mais ne sera plus à venir, mais présente. […]

Il est dès lors évident et clair que ni l’avenir ni le passé ne sont et qu’il est impropre de dire : il y a trois temps, le passé, le présent, l’avenir, mais qu’il serait exact de dire : il y a trois temps, un présent au sujet du passé, un présent au sujet du présent, un présent au sujet de l’avenir. Il y a en effet dans l’âme ces trois instances, et je ne les vois pas ailleurs : un présent relatif au passé, la mémoire, un présent relatif au présent, la perception, un présent relatif à l’avenir, l’attente. Si l’on me permet ces expressions, ce sont bien trois temps que je vois et je conviens qu’il y en a trois.

Saint Augustin, Confessions, livre XI, § XIV, XVIII et XX

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août 20 2007

Marcel Jousse V ° Manger la Parole: la Cène du Seigneur

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Pendant des millénaires, un geste s’est esquissé. Il sera repris et transcendé par un paysan galiléen, Jésus. Le génie divin se rend proche des expériences du Peuple élu.
Alors que nous entrions dans le temps des gestes attendus – temps des apocalypses et des libérations annoncés par de faux prophètes – surgit un geste inattendu:

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Prenez, mangez, sachez

Ceci | ma chair.

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Prenez, buvez, sachez

Ceci | mon Sang.

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Toutes les fois que vous le referez

comme aide-mémoire de moi vous le referez.

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Ce n’est pas l’Eglise qui invente le dogme de la présence réelle, mais un enseignant-paysan, Jésus de Nazareth, a affirmé cette présence réelle, non comme un procédé de cannibale, qui nous choquerait avec raison, mais dans le mouvement de la pédagogie du monde palestinien.

Manger et boire,

c’est l’invitation à faire nôtre, sans demi-mesure, en connaissance de cause;

la Chair et le Sang - chimiquement toujours du pain et du vin -, c’est-à-dire toute la Personne du Verbe et tout son enseignement.

La Chair et le Sang: si ce n’était que la Chair, ce serait le signe de quelque chose de caduc, de mort. Si ce n’était que le Sang, ce serait le signe d’un principe. Je ne communie pas à des principes. Je reçois la Parole vivante, pour l’aujourd’hui de l’homme que je suis. Phil

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août 20 2007

Marcel Jousse IV ° Manger la Parole: la manne au désert

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Dans le désert du Sinaï, pendant quarante ans d’errance à la suite de la libération du joug égyptien, le Peuple a faim : faim physique et faim spirituelle d’une nation qui cherche son identité.

Dieu lui donne une nourriture, la manne*, mais aussi un enseignement, car l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute leçon du Tout-Puissant. (Dt 8, 3)

Prenez, mangez, sachez la bonté de Dieu qui donne la vie du monde présent et du monde à venir : la terre promise d’Israël. Phil

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* La manne céleste serait une sécrétion naturelle du tamaris. Ce produit ressemble à la graine de coriandre et a un goût très doux. Il est sécrété lorsque les cochenilles (coccus manniparus) piquent le tamaris. Au matin, cette nourriture tombe des arbres en grande quantité; il peut ainsi se former des tapis entiers de la substance comestible. C’est surtout dans le nord de la péninsule du Sinaï qu’elle est la plus abondante. La résine de tamaris est traditionnellement vendue par les bédouins. Elle trouve plusieurs utilisations et se conserve facilement. En enquêtant sur l’Exode biblique, les occidentaux firent ainsi connaissance avec ce qui a pu être la manne céleste des Hébreux.

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août 18 2007

Marcel Jousse III ° Manger la Parole: le péché d’origine

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Alors que Jésus affirmait : Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui, (Jn 6, 56) beaucoup de ses disciples dirent : Elle est dure cette parole ! Qui peut l’écouter ? (Jn 6, 60) Entrant dans sa passion, au cours du repas pascal, Jésus a concrétisé ce qu’il avait annoncé aux siens. Il en a fait le mémorial du sacrifice qu’il offrirait le lendemain sur la croix.

Lors de chaque célébration eucharistique, nous renouvelons le repas du Seigneur, comme il nous a demandé de le faire. Ceci est mon Corps… Ceci est mon Sang. (Mc 14, 22 et 24) Cette parole est rude pour nous aussi.

Marcel Jousse dans ses recherches sur l’Anthropologie du Geste nous donne de précieuses indications pour bien comprendre ce que signifie la Présence réelle du Christ sous les aspects du pain et du vin. Il étudie ce que signifie pour un Sémite le fait de manger en trois lieux théologiques : le péché d’origine, la manne donnée au désert, la Cène du Seigneur.
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Aujourd’hui nous considérerons le récit du péché d’origine où il s’agit de manger du fruit. Comprenons bien ce que cela signifie : faire sien, volontairement, en connaissance de cause, après l’avoir goûté, éprouvé, évalué – donc en toute liberté de choix – le fruit de la science du bien et du mal. Le péché, c’est devenir la norme de toute chose, à la place de Dieu.

Alors que le terreux a été modelé par le Créateur en état d’ébauche et qu’il lui est laissé le soin de se sculpter lui-même en vue d’un achèvement personnel, il refuse cette ébauche.

Il connaîtra alors le poids de sa limite, un peu comme un tas de glaise qui refuserait le travail du potier. Il ne deviendra pas une chose réussie. Tas de glaise il est, tas de glaise il restera.

Nous découvrons ici le lien logique et gestuel qu’il y a entre prendre, manger et savoir.

Appréhende, évalue, fais tien l’enseignement de Dieu pour ta réalisation dans une perspective de réussite. Ou bien, homme créé debout, accepte de devenir un gisant, retombant comme la glaise qui refuse l’esquisse du Maître. Phil

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août 17 2007

Marcel Jousse II ° Manger la Parole

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Augustin, fresque VIe s.

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Quand vous assistez au cours d’un de vos professeurs, votre bouche n’articule pas en même temps que sa bouche, vos mains n’esquissent pas en même temps de ses mains, votre corps ne modèle pas en même temps que son corps. Or, c’est précisément cette passivité qui fait votre faiblesse. Bon gré mal gré, la mémoire est essentiellement rejeu. Vous ne rejouez pas comme vous devriez rejouer dans une pédagogie normale.A chacune des propositions de l’instructeur qui , au fond, ne fait que répéter chacune des interactions du réel, le receveur, l’appreneur doit rejouer en écho de l’instructeur et en contre-écho du réel. Or, cela avait été pratiquement oublié.

 

C’est avec cette école active que nous avons vu former les douze paysans-artisans galiléens, répétiteurs de Iéshoua, qui sont allé évangéliser le monde. Comment avaient-ils acquis cette science qui nous déconcerte ? Par la répétition en écho.

Marcel Jousse, La manducation de la parole, p. 45 et 46

 

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août 17 2007

Marcel Jousse, sj (1886-1961) I ° Un génie méconnu

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Marcel Jousse est le créateur d’une science nouvelle, l’Anthropologie du Geste, qui étudie le rôle du geste et du rythme, dans les processus de la connaissance, de la mémoire et de l’expression humaine. Cette science vise à opérer une synthèse entre disciplines diverses: psychologie, linguistique, ethnologie, psychiatrie, sciences religieuses et exégétiques, pédagogie profane et sacrée.

Citations
Les lois de la vie sont simples, parce que vivantes. Le jeu qui en résulte est complexe, parce que vivant.

Nous ne pouvons pas nous échapper du mimisme humain,… et pour parler de Dieu, nous ne pouvons pas faire autre chose que des symboles, c’est-à-dire des choses concrètes qui essaient de mordre sur l’invisible.
C’est un fait que Rabbi Ieshoua [Jésus] n’a rien écrit. Donc il a cru que les mécanismes oraux de son milieu étaient capables, si j’ose dire, de porter tout le poids de la divinité. A découvrir….

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août 11 2007

Goya (1746-1828) ° Le peintre du dévoilement

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Carlos IV de España con su familia,

Francisco José de Goya y Lucientes, 1800, Prado

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La plupart des peintres du XVIIIe siècle sont totalement à genoux devant les pouvoirs. Il y a peu de génie en eux.

Francisco Goya nous dit combien l’art est rare. Il vient dénoncer le mensonge. Il est un peintre du dévoilement de l’être et des situations profondes : un peintre de l’invisible.

Lorsqu’il peint la famille royale d’Espagne, celle de Carlos IV, c’est une dérision insupportable. Nous pouvons nous demander comment cette famille a pu réagir devant un tel portrait. La stupidité existerait-elle au point de ne pas se percevoir dans un tableau?

Les physionomies sont terribles: méchantes, stupides, timorées ou franchement intrigantes? La cour des Miracles…

C’est la reine qui, dominant les autres, occupe le centre lumineux du tableau - centre marqué par une diagonale au bout de laquelle le roi paraît placé en avant. Mais pauvre roi, en titre pourtant: le visage rougeaud, le regard hagard et la posture très flegmatique.

 

La reine

 

Le ministre Floridablanca: le seul qui ne montre aucune trace de vieillesse.

La peinture passablement criarde des costumes (sur l’oeuvre originale…) détourne quelque peu l’attention de l’idée d’un décor majestueux.

Et encore tant de choses à découvrir!

Voilà du grand art: celui du dévoilement. Bon regard! Phil


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août 11 2007

Jean Starobinski parle de Francisco Goya ° « Tres de Mayo »

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Tres de Mayo ° Fusillades du trois mai 1808

Francisco José de Goya y Lucientes, 1814, Prado

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« Dans l’atroce et admirable tableau des Fusillades du trois mai, le groupe rythmé et discipliné des soldats du peloton d’exécution figure une rationalité démente. La régularité, l’ordre qui eussent dû marquer le triomphe des principes, viennent seulement régler l’exercice de la violence. Par l’obliquité que Goya confère à la scène, il cache le visage des hussards français. Ceux-ci n’apparaissent que de profil, à contre-jour de la sinistre lanterne posée à leurs pieds. Nous n’apercevons d’eux que l’équipement : fusils, chapeaux, buffles flétris, capotes, sabres. La lumière, en revanche, s’attache indissolublement au groupe des victimes, et plus particulièrement à l’homme du peuple, que va abattre la salve imminente. Goya a su donner à son visage sans beauté une expression simple, qui est à la fois au-delà du courage et de l’épouvante, les bras étendus dans l’attitude de la crucifixion, les paumes ouvertes. Cet émeutier aux traits grossiers prend soudain la dimension archétypale de l’homme insulté et humilié par l’homme. »

Jean Starobinski, 1789 - Les Emblèmes de la Raison, dernier chapitre, Flammarion 1973

 

 

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août 10 2007

Michel de Montaigne: un conservateur?

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En vacances sur l’île de Minorque- un endroit merveilleusement protégé – en compagnie d’un ami très cher:

Michel de Montaigne (1533-1592), les Essais et quelques autres écrits. C’est l’occasion de quelques découvertes…

Montaigne, homme de tradition, n’aime pas les innovations, les nouvelletés, lorsque les régimes en place assurent paix et justice. Cependant il fait souvent preuve d’une modernité surprenante.

° Le tyran n’est pas le fait des rois, mais des peuples qui acceptent le fait d’être esclaves. Peuples, réveillez-vous donc !

° L’administrations des enfants trouvés doit relever du contrôle de la municipalité. C’est une obligation, un devoir. (Délibération du 3 mars 1582. Montaigne est maire de Bordeaux) Cité, sois solidaire !

° Il écrit un cahier de doléances au pouvoir central, c’est-à-dire au roi, condamnant l’inégalité de traitement des personnes devant l’impôt. Il y a trop d’exemptions. (Délibération du 31 août 1583)

° En date du 31 juillet 1585, en pleine guerre civile, il s’oppose à l’emprisonnement des femmes et des enfants.

Un beau programme politique novateur. Phil

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août 07 2007

Israël: un peuple particulier

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Il n’y a rien à ajouter. Le peuple juif est vraiment particulier, même si nous pouvons être parfois très critiques à l’égard de quelques responsables politiques d’hier et aujourd’hui.

C’est le souvenir de ma jeunesse à Porrentruy, près du Territoire de Belfort, où il y avait une communauté juive importante : quelle culture, quelle intelligence, quel sens du sacré … et des affaires! Une communauté imparfaite aussi: ne soyons pas naïfs.

A une autre échelle, dans des domaines d’excellence, ils sont très présents: arts, sciences, politique, économie, philosophie et théologie. Marc Chagall, Albert Einstein, Edgar Faure, Emmanuel Levinas, Adin Steinsaltz et Edith Stein par exemple. Comment ne pas s’en réjouir. D’autres aussi, dont il vaut mieux ne pas parler. Il en est ainsi en toute société.

Aujourd’hui je pense au grand vide que va susciter dans l’Eglise la disparition du cardinal Lustiger. D’un tempérament souvent impossible, me disait un membre de son entourage, il avait par contre le sens de l’absolu.

« Dans l’ensemble, les mesures, parfois autoritaires, prises par le cardinal ont redonné une réelle vitalité au diocèse de Paris, même si une génération de prêtres, souvent encline à une interprétation plus progressiste du concile Vatican II s’en est trouvée brusquée. En dépit de son caractère parfois difficile, le succès de ses initiatives audacieuses et sa forte personnalité lui ont acquis un rayonnement bien au-delà des frontières de son diocèse et de la France. Très proche de Jean Paul II - il n’hésitait pas à venir à Rome pour 24 heures s’entretenir avec lui, de sa propre initiative. Il avait toute sa confiance. » (apic, 06/08/2007)

Privé de terres très souvent, jalousé – on ne jalouse que les personnes et les peuples qui ont de la valeur ! – Israël a développé des richesses humaines d’un haut niveau. Est-ce bien une réalité aujourd’hui encore ? Vous souhaitez une réponse. Ce sera la manière dont se règlera nécessairement, dans un avenir proche, la situation intolérable du peuple palestinien. Amour et vérité se rencontrent. Justice et paix s’embrassent. (Ps 85, 11) Est-ce bien vrai, Israël ? Est-ce bien vrai, peuples de l’Islam ? Phil

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août 03 2007

La sainte Ecriture étudiée et proclamée

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Eglise de Romainmôtier / CH

Ambon du VIIIe s.

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La Bible est certes un livre à lire, à étudier, à expliquer, à commenter, à méditer. Tout cela n’a finalement qu’un sens : elle permet à Dieu de nous parler.Nous pouvons en faire un objet culturel. Le succès médiatique de la Bible sera toujours ambigu.

La lecture croyante de la Bible est une lecture priante. Ce n’est pas un livre à lire, c’est un livre à écouter. C’est la pédagogie de la lectio divina, qui est en honneur dans les monastères et chez les fidèles. C’est aussi le secret de la prière contemplative chrétienne.

Une réflexion sur la lecture de la Bible dans la liturgie conduit aux mêmes convictions. L’Ecriture joue pleinement son rôle dans l’Eglise lorsqu’elle est prononcée, proclamée. A ce moment-là, la Parole de Dieu reprend son caractère oral, sa force de communication et sa vivacité.

Serviteurs de la Parole

De là l’importance du lecteur. Il ne s’agit pas seulement de lire un texte le mieux possible. Certes il ne faut pas négliger l’aspect technique de la lecture. L’enjeu est de faire résonner la Parole dans les coeurs. C’est un ministère qui appelle un charisme. Le Lecteur doit demander la grâce d’être un instrument de l’Esprit-Saint, afin que ce qu’il lit soit suffisamment vivant en lui, pour que ce soit également vivant dans ceux qui écoutent.

La même exigence et la même grâce se retrouvent dans le ministère de la prédication et dans l’évangélisation. Cette annonce n’est juste et féconde que si elle est nourrie de l’Écriture Sainte. Phil

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août 02 2007

Paul Ricoeur VII et fin ° Pardonner: la culpabilité existentielle

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L’aspect vindicatif et méchant de l’accusation,

n’est-ce pas le plus grand obstacle au pardon?

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La bienveillance 5mn

 
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août 02 2007

Paul Ricoeur VI ° Pardonner: la culpabilité morale

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Nous oublions moins que nous croyons. Il y a une survivance du passé.

L’oubli n’est-il une façon de manipuler les traces?

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L’oubli de mise en réserve, inscription durable de l’inoubliable 11mn

 

 
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août 02 2007

Paul Ricoeur V ° Pardonner: la culpabilité politique

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Procès ° Nuremberg

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Le vaincu a droit à la considération, aussi coupable qu’on puisse le tenir. Il a droit à la parole, à un avocat, à cette cérémonie du language qu’est le procès.

Paul Ricoeur

 

Le respect du vaincu 6mn

 

 
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août 02 2007

Paul Ricoeur IV ° Pardonner: culpabilité et responsabilité

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Entre les victimes et les bourreaux,

y a-t-il place pour le pardon ? V. Jankélévitch

 

Les niveaux de culpabilité: La culpabilité criminelle 7mn

 

 
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août 02 2007

Paul Ricoeur III ° Le pardon en débat avec la dette

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Sophocle ° Antigone

L’accusation

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Est-ce que l’ultime explication du pardon n’est pas avec l’accusation?

Le pardon et la dette 7mn

 

 
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août 02 2007

Paul Ricoeur II ° Pardonner: l’acquittement

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L’humilié qui ne demanderait pas vengeance serait honteux. Aristote

Pardon et punition 6mn

 

 
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août 02 2007

Paul Ricoeur I ° Pardonner: l’oubli

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Pardonner: c’est oublier un tort, une offense. En même temps, c’est ne pas s’oublier…
Alors quel oubli ?

Paul Ricœur / 7mn

 

 
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août 01 2007

Paul Ricoeur ° Rembrandt: Autoportrait au chevalet

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Autoportrait au chevalet, Rembrandt, 1660, Louvre

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Lorsque les mots ne suffisent plus, l’art vient à notre secours.

Paul Ricoeur, 7mn  FCulture

 

 
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